Coup d'oeil dans le rétroviseur

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Les fonds thématiques se construisent sur des enjeux à long terme et se jugeront donc dans la durée. Quelques thèmes très en vogue ont déjà, par le passé, suscité un enthousiasme et une confiance démesurés de la part des sociétés de gestion et des investisseurs. L'exemple le plus flagrant concerne, de sinistre mémoire, les fonds " techno ".Souvenez vous... les fonds TMT n'étaient pas présentés comme un pari sectoriel opportuniste, mais bien comme un investissement dans une nouvelle ère : celle d'Internet et du numérique. La révolution technologique a certes bien eu lieu dans les télécommunications, l'informatique, les médias et même l'ensemble de l'économie. Pourtant, ce triomphe d'Internet et de la technologie ne s'est pas traduit en termes boursiers. Loin s'en faut. Sur les dix dernières années, les fonds techno ont reculé en moyenne de 26 %. Sur cinq ans, la catégorie a abandonné 14 % tandis que l'indice MSCI World gagnait 10 %. Preuve qu'un marché plein de promesses ne génère pas systématiquement une kyrielle d'entreprises florissantes. Et des succès boursiers.Benoît Flamant, directeur géneral d'IT Asset Management, fustige avant tout l'effet de mode et l'emballement des marchés qui ont fait enfler la bulle Internet. " Entre 1993 et 2000, le poids des valeurs technologiques est passé de 6 % à 36 % dans le S&P500. 80 % des fonds techno ont vu le jour entre octobre 1999 et mars 2000. Il y a eu un afflux exceptionnel de liquidités. "SCENARIO CATASTROPHE ?Mais le secteur étant trop étroit, les valorisations se sont envolées. Les fonds ont continué de déverser les capitaux sur le secteur, alimentant la bulle jusqu'à l'éclatement. Et les effets ne se sont pas limités à la sphère financière. " La bulle spéculative a donné lieu à un surinvestissement et une surcapacité en termes d'acteurs. Il a fallu plusieurs années pour nettoyer ces excès. Aujourd'hui, par exemple, après une période de consolidation, existe un duopole dans les logiciels de gestion intégrés avec Oracle et SAP alors qu'auparavant il y avait dix acteurs sur ce segment ", détaille Benoît Flamant.Les fonds thématiques actuels courent-ils le risque d'un tel scénario catastrophe ? Nuno Teixeira, directeur général adjoint de Schroders France, se veut rassurant : " Il y a de grandes différences entre des thèmes comme les mutations démographiques ou le changement climatique et les fonds techno. Ces derniers étaient cantonnés à un seul secteur, ne comportaient que peu de grandes valeurs et beaucoup de sociétés avaient une rentabilité encore fragile ou inexistante. Nos fonds thématiques présentent une bien meilleure diversification des risques. "Toutefois, l'engouement suscité en 2005 et 2006 par les valeurs vertes - énergies alternatives, recyclage - a pu s'apparenter à une bulle spéculative, vite dégonflée. L'exemple du passé peut servir d'avertissement pour les fonds thématiques spécialisés sur des segments trop étroits et trop uniformes : matières premières, agroalimentaire, immobilier, énergies nouvelles, eau et infrastructures. À regarder de près avant d'investir.

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