Des chambres de compensation pour limiter les risques

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C'est bien la seule chose concrète qui soit sortie du sommet du G20 de Washington. Et encore, elle s'est faite en marge de la réunion. La Réserve fédérale (Fed) qui surveille les opérations de banque et la Securities & Exchange Commission, le gendarme de la Bourse, associées à la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), qui supervise les activités de certains marchés dérivés, se sont mises d'accord pour coopérer en vue de lancer, d'ici à la fin de cette année, une ou plusieurs chambres de compensation pour assurer la sécurité des transactions sur le marché des « credit default swaps » (CDS). Cet énorme marché (estimé, à la mi-2008, à 58.000 milliards de dollars d'opérations déjà nouées), où s'échangent des contrats basés sur des obligations ou des prêts et permettant de se protéger contre les risques de défaut sur cette dette, est opéré entre grands acteurs financiers. Autrement dit, il n'est ni organisé ni supervisé par un organisme de marché qui centraliserait les transactions et les garantirait. L'ironie est donc de taille, puisqu'en voulant se protéger contre les risques de défaut, certains poids lourds, comme les hedge funds ou les investisseurs institutionnels, se sont retrouvés pris au piège ? avec dans leurs livres des contrats qui ne pouvaient plus être honorés par la contrepartie avec laquelle ils avaient traité? Cela a été le cas avec les déconfitures de AIG ou de Lehman Brothers. Ce dernier avait noué avec d'autres acteurs des opérations de CDS qu'il n'a pas pu honorer et qui s'élèveraient à quelque 6.000 milliards de dollars ! tiraillementsConscientes de ce problème, les grandes Bourses, de NYSE Euronext aux grands marchés à terme de Chicago, ont proposé de se porter garantes de ces opérations en montant une ou plusieurs chambres de compensation. Dans ce cas, le risque, vis-à-vis d'une contrepartie qui ferait faillite, est pris par la chambre de compensation et non plus par le partenaire direct de l'acteur en difficulté. Plusieurs propositions en ce sens circulent déjà en ce sens et ont été soumises aux diverses autorités de marché. Certaines grandes banques espéraient même qu'une ou plusieurs chambres de compensation seraient opérationnelles à la fin novembre. Ce sera, si tout va bien, à la fin de l'année. Entre-temps, les tiraillements promettent d'être nombreux, aussi bien entre Bruxelles et Washington ? le premier faisant la promotion d'une chambre « mondiale », le second plaidant pour une institution américaine ?, qu'entre Bourses. Lysiane J. Baudu

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