Paris réfléchit à une réduction de sa commande d'A400M

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Quatre ans au minimum. » Pour le délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon, qui présentait hier les résultats de la DGA, le retard de l'avion de transport militaire A400M n'est pas encore tout à fait stabilisé. Même si l'audit de l'Organisation conjointe de coopération en matière d'armement (Occar), qui gère ce programme au niveau européen, a fixé la première livraison à 2013, soit quatre ans après la date prévue, de nouvelles investigations, menées par la DGA, sont en cours pour déterminer, une bonne fois pour toutes, l'ampleur du retard de cet appareil, dont la maîtrise d'?uvre a été confiée à EADS en 2003. Le groupe européen a envoyé en décembre un courrier au ministère de la Défense pour lui annoncer trois ans de retard. Ce qui, visiblement, a été très mal pris par l'hôtel de Brienne et la DGA, qui a payé de l'ordre de 300 à 400 millions d'euros pour ce programme en 2008. En dépit des démentis d'EADS, de nouvelles sources concordantes ont confirmé à « La Tribune » que l'A400M pourrait être livré cinq ans après la date prévue (« La Tribune » du 23 février). Selon Laurent Collet-Billon, il faut toutefois attendre l'ampleur des mesures rectificatives prévues par EADS pour être définitivement fixé.« programme essentiel »Pour l'heure, le programme A400M, qui a gagné un moratoire de trois mois, entre dans une période charnière. D'autant que la France, comme l'Allemagne et la Grande-Bretagne, vont sans doute réduire leurs commandes, selon nos informations. « Nous n'avons pas encore pris de décision sur ce sujet, a dit Laurent Collet-Billon, qui ne l'exclut pas. Y aura-t-il une réduction de cible ? Si oui à quelle hauteur ? » Pour la pérennité du programme, « ces réductions ne peuvent excéder un certain nombre d'annulations ». De l'ordre d'une vingtaine, voire plus, sur les 180 avions commandés par sept pays européens et les 12 vendus à l'export. Paris, Londres et Berlin veulent, semble-t-il, rester à enveloppe constante. C'est-à-dire honorer une parti e de la commande tout en payant les solutions intermédiaires pour gommer le trou de capacité créé par le retard de l'A400M.« Notre position est qu'il faut donner les chances à ce programme de se poursuivre », a martelé Laurent Collet-Billon car il est « essentiel pour les forces armées ». Pour compenser ce retard, il n'exclut pas d'avancer le programme MRTT (A330 multirôle), de louer des capacités à l'Otan (C-17), voire des avions russes de type Antonov, et de se faire prêter des Transall allemands, en meilleure forme que ceux des Français.Au-delà de l'A400M, la DGA va vivre une année « passionnante mais exigeante ». Après avoir notifié 9,3 milliards d'euros de contrats à l'industrie d'armement, dont 2,1 milliards à EADS (y compris MBDA), elle distribuera cette année 20,3 milliards de commandes, dont 1,2 milliard au titre du plan de relance. À l'exportation, elle prévoit des prises de commandes de près de 7 milliards, en hausse de 5 à 8 % par rapport à 2008 (6,4 milliards).

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