Course-poursuite entre maïs et soja

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Faut-il mieux planter du maïs ou du soja en 2009?? La question taraude les agriculteurs américains ces temps-ci, et attise la spéculation sur les deux céréales aux États-Unis. Le pays est le premier exportateur de maïs au monde avec 58 % du marché, mais aussi premier exportateur de soja avec 43 %, devant l'Argentine et le Brésil. Toute variation des ensemencements se répercute donc nécessairement sur le marché mondial. La tendance des deux produits est à la hausse?: depuis début mars, le maïs a gagné 14 % à 3,93 dollars le boisseau hier, contre 8 % pour le soja à 9,15 dollars. Pourtant, les intentions des planteurs restent confuses à ce jour, et devraient le rester jusqu'au 31 mars, date de publication du rapport « US Prospective Plantings », seule enquête statistique sérieuse réalisée par le ministère de l'Agriculture américain, qui suscite souvent de fortes variations sur les cours du maïs selon la Deutsche Bank. Pour l'instant, le marché anticipe environ 86 millions d'acres de maïs, et 77 millions d'acres en soja.vogue du maïsSi le soja se vend nettement plus cher que le maïs, il demande aussi moins d'engrais azotés et d'eau, mais plus d'investissements au départ dans le prix des semis. Les cours actuels ne plaident pas en faveur du soja, puisque le maïs se traite 2 fois plus cher?; l'arbitrage est habituellement favorable à l'oléagineux lorsque ce rapport est de 2,2. La vogue du maïs a en effet été réhabilitée la semaine dernière par le secrétaire d'État à l'Agriculture, Tom Vilsack, qui plaide pour une augmentation de la part d'éthanol obligatoire dans l'essence. Ce pourcentage pourrait passer de 10 % à 12 %, voire 13 % du total. Alors que la consommation d'essence aux États-Unis est aujourd'hui dopée par la faiblesse des cours du pétrole, cette perspective est plutôt engageante pour le maïs, ingrédient privilégié de l'éthanol américain. « A priori, l'État américain veut continuer à soutenir la filière éthanol, ce qui plaide pour le maïs. Mais la situation économique des fabricants d'éthanol est compliquée, puisqu'il y a eu de nombreuses faillites, et que les marges actuelles permettent tout juste de couvrir les frais de production » explique Hélène Morin, analyste chez Agritel.Un son de cloche assez proche de ce qui se passe en France, où les interrogations des agriculteurs se concentrent sur les cours. À 144 euros la tonne de maïs sur Euronext hier, la production n'est pas rentable une fois retranchée le coût de transport de la céréale, et ce pour la plupart des producteurs. « Le sentiment général des professionnels reste plutôt lourd sur les céréales. Si aucun aléa climatique ne perturbe les récoltes, le marché sera excédentaire, » assure Hélène Morin. Aline Robert

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