L'économie allemande en chute libre

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L'économie allemande continue sa glissade, mais espère encore voir la plaine. Hier, l'indice des attentes conjoncturelles des investisseurs calculé par l'institut ZEW s'est amélioré pour la cinquième fois consécutive, mais la hausse, moins forte que celles de ces derniers mois, n'empêche pas l'indice de rester bien en deçà de la moyenne historique. « La situation est extraordinairement mauvaise, mais on aperçoit une première lueur », affirme le président du ZEW, Wolfgang Franz, qui parie sur une stabilisation de la situation cet été.Mais en attendant, l'économie allemande se dégrade à vue d'?il. La production industrielle a ainsi reculé en janvier de 7,5 % sur un mois et de 19,6 % sur un an, revenant ainsi à son niveau d'août 2003. Et les commandes à l'industrie ne vont pas mieux. En janvier, elles ont reculé de 8 % sur un mois et de 35 % par rapport à janvier 2008 ! L'Allemagne continue donc de payer au prix fort sa dépendance à l'export et au marché mondial. Les commandes industrielles venant de l'étranger ont en effet chuté de 40 % sur un an en janvier et les exportations se situent 18,3 % en deçà du niveau de l'an dernier. Des reculs impressionnants qui annoncent une facture sans doute plus salée que prévu en termes de « croissance ». Sur le premier trimestre 2009, l'institut DIW table sur un recul de 2,2 % du PIB allemand après une chute de 2,1 % au quatrième trimestre 2008. InquiétudeSur l'ensemble de l'année, les chiffres sont également inquiétants. Wolfgang Franz admet que, malgré le retour au calme attendu en milieu d'année, le PIB allemand pourra reculer jusqu'à 4 % en 2009. Encore est-il plus optimiste que l'institut IWH qui, lui, avance une baisse de la richesse nationale de 4,8 %. On est loin de la prévision (déjà révisée à la baisse) du gouvernement d'un recul de 2,25 %. Voilà qui ne va pas faciliter les calculs budgétaires et les choix sociaux du gouvernement en cette année d'élection. Selon l'institut IWH, le déficit de l'Etat allemand pourrait atteindre 3,6 % du PIB cette année, plus que lors de l'arrivée de la grande coalition au pouvoir en 2005, et 6 % l'an prochain.Romaric Godin, à Francfort

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