Dublin opte pour l'austérité

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La Saint-Patrick aura eu des airs d'enterrement hier. Si l'Irlande a célébré comme il se doit son saint patron avec une série de défilés et de fêtes bien arrosées, le pays se prépare à une vaste cure d'austérité. « Nous avons connu trop d'exubérances ces dernières années et nous devons faire les ajustements nécessaires », prévient Brian Lenihan, le ministre des Finances. L'Irlande a donc choisi de se serrer la ceinture au lieu de promouvoir un grand plan de relance. Il faut dire que le pays n'a guère le choix. Le recul du PIB devrait atteindre 6,5 % cette année. Sans plan d'économie, le déficit de l'État dépasserait 10 % chaque année jusqu'en 2013. Loin, très loin des critères de Maastricht? À tel point que le spectre d'une faillite de l'Irlande n'est pas écarté, particulièrement après la nationalisation des trois principales banques?: Moody's et Standard & Poor's portent une note « négative » sur le pays. grogne socialeBrian Lenihan réplique que la perspective d'une faillite est presque impossible parce que l'Irlande fait partie de l'euro. « Nous avons la Banque centrale européenne derrière nous. » Il ajoute que la dette publique est actuellement relativement faible, à 40 % du PIB. Néanmoins, reconnaît le ministre des Finances, « les finances publiques sont sous une pression considérable », et c'est pourquoi des mesures d'économies drastiques ont été passées. Dublin a voté le mois dernier une hausse des prélèvements de la retraite, qui se traduit par une baisse immédiate de 7,5 % des salaires de la fonction publique. Le ministre des Finances prépare aussi pour le 7 avril un budget d'urgence. « Nous allons devoir augmenter les impôts », prévient-il. Autant de décisions qui doivent limiter le déficit public à 9,5 % du PIB cette année, et permettre de revenir sous la barre des 3 % d'ici 2013.Ces mesures ont provoqué une grogne sociale, aggravée par l'explosion du chômage, qui devrait atteindre 12 % d'ici la fin de l'année. Une grève générale est en préparation pour la fin du mois, après de vastes manifestations en février.Le gouvernement de Dublin a donc décidé d'introduire d'autres mesures, plus populaires. La première est l'imposition d'une limite des salaires des banquiers à 500.000 euros, divisant par deux la rémunération des patrons des grandes banques. La deuxième consiste en un grand ménage de la régulation financière du pays?: Brian Lenihan veut créer une commission à la banque centrale chargée de limiter les prêts des banques et surveillant leur gouvernance. En particulier, il veut interdire qu'une même personne puisse siéger au conseil d'administration de plusieurs banques. Les fondations très libérales du Tigre celtique vacillent sérieusement.

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