Denis Tersen, « global et local »

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Cet ancien de la Direction des relations économiques extérieures (DREE) du ministère de l'Économie et des Finances a pris en mars dernier les rênes de l'Agence régionale de développement de Paris Île-de-France. Créée en 2001 à l'initiative des principaux acteurs de la vie économique et sociale (conseil régional, chambres de commerce, département et collectivités locales, partenaires sociaux?), et en partenariat avec l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII), l'ARD a pour mission d'attirer les investissements étrangers en Île-de-France et d'assister les entreprises dans leur processus d'implantation. Elle dispose de deux bureaux de représentation à San Francisco et à Shanghai. En 2008, 110 entreprises accompagnées par l'Agence se sont implantées dans la région, générant environ 3.000 emplois à trois ans (3.350 emplois en 2007). « ça fait rêver »Pour Denis Tersen, 51 ans, ancien élève de l'ENA (promotion Louise Michel 1982-1984), l'économie internationale, « ça fait rêver ». Car « c'est aller à la découverte des autres, les comprendre et, si possible, s'entendre avec eux ». Il aurait aimé faire de l'histoire. « Celui qui s'enrichit est celui qui importe car il enrichit ses produits », explique ce grand amateur de culture asiatique.Sa carrière à l'international est truffée d'anecdotes plus croustillantes les unes que les autres, qu'il évoque avec humour, un brin pince-sans-rire. Après Washington de 1988 à 1990, en tant que chef du service économique, il est chef du bureau Proche et Moyen-Orient à la DREE. En pleine guerre du Golfe. Une « terre forte ». Il raconte comment il a débarqué à Koweït en 1991 dans un Transall de la division Daguey. Le Liban sort de la guerre civile. Il faut rebâtir une relation économique et politique forte avec ce pays. Il y a des otages occidentaux. C'est le début du processus de paix entre Israël et les Palestiniens et les accords d'Oslo. Et voilà Denis Tersen traversant le Jourdain avec sa valise pour se rendre en Jordanie.Il sera ensuite chef du bureau des investissements internationaux où il fera de l'appui aux PME, négociateur français à Bruxelles et à l'OCDE. Puis, aux affaires multilatérales, il ira vendre l'exception culturelle française à l'OMC à Singapour. À Seattle, c'est la « rencontre improbable » avec un nouvel acteur sur la scène de l'économie mondiale, les altermondialistes, « qui connaissaient mieux les textes que nous », et José Bové. Puis il sera conseiller pour les affaires internationales et le commerce extérieur auprès de Dominique Strauss-Kahn, ministre de l'Économie, avant de partir en 1999 pour le Japon, « pays fantastique, avec lequel on se familiarise par imprégnation », qu'il adore. « Les Japonais sont très intelligents et des affectifs. Ils sont très bons dans le design. Ils savent mettre de l'émotion dans un objet utile et beau. Ils se sont réinventés autour de nouvelles valeurs. »En 2003, retour en France comme directeur régional du commerce extérieur d'Île-de-France. « Je deviens local après avoir été global », commente-t-il. Depuis 2006, il était directeur général des services de la région. nDirecteur général de l'Agence régionale de développement de l'Île-de-France, il a été longtemps en poste à la DREE au ministère de l'Économie.

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