SocialQuand maintien de l'emploi rime avec baisse des salair...

SocialQuand maintien de l'emploi rime avec baisse des salairesFace à la crise, Hertz a demandé à ses cadres de baisser leur salaire. Une démarche peu répandue, selon les cabinets de reclassement et les avocats.En demandant à ses cadres de renoncer sur la base du volontariat à au moins 5 % de leur salaire brut pendant trois mois « pour préserver au maximum les emplois dans le contexte de crise », le loueur de voitures Hertz a semé le trouble au sein des personnels d'entreprises très ébranlées par la crise. Ce type de démarche « s'est déjà produit dans le passé, notamment lors de la crise Internet à la fin des années 1990 », se souvient Anne-élisabeth Combes, avocate chez Jeantet Associés. Mais « cela fait un moment que je n'avais pas vu ce type de pratique. Aujourd'hui, les entreprises qui vont mal optent soit pour un plan social, soit pour une baisse de leur masse salariale par d'autres moyens », enchaîne Xavier Lacoste, directeur général d'Altedia. Chômage partielPour réduire leur masse salariale, les entreprises grignotent partout. « Certaines ont décidé d'augmenter le temps de travail, tout en maintenant les salaires, ce qui a pour conséquence de diminuer le coût de l'heure de travail », explique Xavier Lacoste. D'autres, après avoir parfois mis en place du chômage partiel, « jouent sur la part variable des salaires, en décidant de réduire, voire de supprimer les primes et bonus de leurs collaborateurs », complète Pascale Lagesse, avocate chez Bredin Prat Associés.Cette démarche fera-t-elle tache d'huile ? Olivier Labarre, directeur général adjoint du cabinet BPI, n'y croit pas. S'il note que la pratique de Hertz ? dictée par la direction américaine à ses filiales et approuvée, selon la CGT, par 67 % des quelque 150 personnes ? « rappelle celle de Hewlett-Packard, qui a réduit les salaires de l'ensemble de ses personnels dans le monde [Ndlr, seuls moins de 5 % de ses salariés français seraient prêts à l'accepter, selon la CFE-CGC] », elle reste finalement assez « isolée. C'est marginal ». La raison ? « Ce type de décision ne peut être une vraie réponse à des problèmes industriels, mais une solution temporaire pour des entreprises qui ont des problèmes de trésorerie et ont besoin de cash », explique-t-il. Parmi ses clients aujourd'hui contraints de procéder à des restructurations, un seul ? une grande entreprise industrielle ? a en effet décidé de diminuer de 10 % l'ensemble des salaires en 2009, direction comprise, sous forme de congés obligatoires non payés. La décision résulte d'un accord signé entre la direction et les syndicats. Car en France, rappelle Pascale Lagesse, « le salaire est un élément essentiel du contrat de travail. Il est donc impossible de le modifier sans l'accord individuel des salariés. En revanche, une baisse décidée par accord collectif le permet automatiquement ». Un accord difficile à trouver. Isabelle Moreau

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