La finance dans les rets d'Obama

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Restaurer la confiance des marchés et surtout prévenir un nouveau tsunami financier : tel est le double objectif de la réforme présentée hier par Barack Obama. À chaque grande crise ses grands remèdes. Le krach boursier des années 1930 avait donné naissance à la SEC, le gendarme boursier chargé de protéger les investisseurs. Et il avait entraîné la séparation des activités de banque d'affaires et de détail pour limiter le pouvoir des banquiers. Quatre-vingts ans plus tard, la crise du subprime accouche d'un conseil de surveillance des services financiers chargé de coordonner l'action des différents régulateurs américains. La réforme érige la banque centrale en gendarme unique des plus grandes institutions financières du pays. Elle organise aussi la protection du consommateur, hier abusé par les offres de prêts immobiliers des banquiers avec les conséquences dramatiques que l'on sait. Sans oublier l'encadrement des produits sophistiqués, fruit de l'imagination sans borne des golden boys. Globalement, via le rôle dévolu au Trésor, le plan vise à améliorer le contrôle de l'État sur l'ensemble du système. Après des années de libéralisation forcenée, l'administration Obama a entrepris de resserrer les mailles trop lâches d'un filet qui a bien failli laisser sombrer par 1.000 mètres de fonds l'ensemble de la finance et le consommateur américains. Ainsi que le reste du monde.Reste maintenant à s'assurer du vote du Congrès, qui va s'emparer de ce texte. Afin de se ménager le vote des élus d'ici à la fin de l'année, Barack Obama n'a pas seulement touché la corde sensible de son pays en évoquant hier le mythique « american dream », menacé par les criantes lacunes du système financier actuel. Il a aussi fait quelques concessions par rapport aux premières pistes de son projet de réforme. Compte tenu de l'ampleur du choc provoqué par la crise des supbrimes, le risque était de voir la Maison-Blanche, démocrate de surcroît, surréglementer ses marchés au risque de voir à nouveau se développer tout un business hors de tout contrôle et hors des frontières. Ce n'est pas le cas. Washington sait faire preuve de pragmatisme comme il vient de le démontrer en se bornant finalement à une supervision légère des salaires de Wall Street. La remise à plat de la régulation américaine est le minimum que l'on peut attendre de la première puissance du monde, source, comme en 1929, d'une crise mondiale majeure. Espérons que les lobbys du Congrès en seront convaincus. nmmotte@latribune.fr Muriel Motte

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