Barroso passe l'oral pour un deuxième mandat à Bruxelles

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Sommet européenOn savait José Manuel Barroso prêt à tout pour pouvoir se succéder à lui-même à la tête de la Commission européenne. Il le démontre avec éclat aujourd'hui en exauçant les v?ux de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Le président français et la chancelière allemande, un peu énervés de la passivité du président de la Commission face à la crise économique et de son souci constant pour obtenir un nouveau mandat, lui avaient expressément demandé la semaine dernière de présenter un programme. Ce sera chose faite ce soir, lors du dîner des dirigeants européens réunis à Bruxelles.Il « présentera dans les grandes lignes ses intentions pour les cinq prochaines années, au cas où il serait reconduit » à la tête de la Commission, a expliqué une source de la présidence tchèque de l'Union. Mais sera-t-il désigné officiellement lors de ce Conseil européen des 27, comme il le souhaite ? Rien n'est moins sûr.Certes, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont dit qu'ils soutenaient « sans ambiguït頻 la candidature de José Manuel Barroso pour un second mandat. Mais, en exigeant un programme, ils ont conditionné leur appui. D'autant qu'ils ont clairement indiqué qu'ils ne voulaient pas mettre le Parlement européen nouvellement élu devant le fait accompli. Si les dirigeants européens choisissent, comme c'est probable, d'un simple « soutien politique » José Manuel Barroso sans le désigner officiellement, ce serait une claire façon de lui savonner la planche. Car ils auront choisi, sans le clamer, d'attendre les résultats du référendum en Irlande sur la ratification du traité de Lisbonne pour soumettre leur choix aux députés européens. Ils pourront le faire lors de leur prochaine réunion de la mi-octobre, le référendum en Irlande devant être organisé fin septembre ou début octobre.procédure pas anodineLa procédure de désignation du président de la Commission selon le traité de Lisbonne plutôt que l'actuel traité de Nice ne sera pas anodine. Avec Nice, aujourd'hui, José Manuel Barroso peut aisément obtenir le feu vert du Parlement européen à la majorité simple des votes exprimés ? sans les abstentions donc ? grâce au groupe des conservateurs (PPE). Or, avec Lisbonne, il lui faut la majorité qualifiée de l'ensemble des 736 députés du Parlement européen, ce qui est plus difficile puisque le seul groupe PPE ne la détient pas. Selon plusieurs sources, une majorité de députés européens refuserait de nommer José Manuel Barroso à la mi-juillet, lors de la première session du Parlement européen, tant que le traité de Lisbonne n'aura pas été ratifié par tous les pays de l'Union.S'il apparaît que l'actuel président de la Commission ne pourra réunir la majorité qualifiée des députés européens, alors d'autres personnalités émergeront forcément, Guy Verhofstadt tenant largement la corde. L'ancien Premier ministre belge était d'ailleurs le favori des dirigeants européens en 2004, mais les Britanniques avaient opposé leur veto à cause de son opposition à la guerre en Irak. Et le nom de José Manuel Barroso avait émergé par défaut. Déjà ! n

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