La guerre des tarifs chahute les miniers

MinesComme l'an dernier, les négociations entourant les prix sur le minerai de fer tendent à s'éterniser entre métallurgistes chinois et producteurs australiens. Alors que les deux parties s'entendent traditionnellement sur une tarification aux alentours d'avril, les premiers accords sur le sujet viennent à peine d'être conclus hier. L'Association chinoise du fer et de l'acier a ainsi obtenu de la part de Fortescue Metals Group une ristourne de 35 % sur les prix du minerai de fer.Ce n'est pas un hasard si le troisième producteur australien de minerai est le premier à conclure avec les métallurgistes chinois. Car dans la pratique du secteur, les premières tarifications s'imposent souvent comme un benchmark pour les autres acteurs. Or à l'inverse de Rio Tinto et BHP Billiton, Fortescue entretient depuis quelque temps d'étroites relations avec les géants chinois. Et pour cause : au printemps, le sidérurgiste Hunan Valin Iron Steel s'est invité à hauteur de 17,55 % du capital du minier australien. Dernièrement, des rumeurs évoquaient des négociations en cours entre le fonds souverain China Investment Corp (CIC) et Fortescue afin de renflouer ce dernier.exigences revuesDans ces conditions, il y a fort à parier que les tarifs négociés par le troisième producteur australien de minerai de fer ne soient pas retenus comme référence par ses compatriotes. D'autant plus que le groupe ne fournit que 10 à 20 millions de tonnes des 500 millions que le pays importe annuellement. « Fortescue est trop petit pour établir un benchmark tarifaire », résume en ce sens un analyste. Un sentiment confirmé par les commentaires de Rio Tinto qui indiquait dès hier ne pas concevoir cet accord comme une référence en soi. Et pour cause. Avec son compatriote BHP Billiton et le brésilien Vale, ils produisent à eux trois plus des trois quarts du minerai consommé sur la planète. Une prédominance largement utilisée par les deux australiens, principaux fournisseurs de la Chine, qui étaient parvenus l'an dernier à passer de substantielles augmentations (+ 90 %) afin de profiter de la flambée des cours. Si les groupes chinois entendaient, il y a peu, obtenir 45 % de rabais après la chute vertigineuse des cours à l'automne dernier, ils doivent aujourd'hui revoir à la baisse leurs exigences.Certes l'accord conclu hier par Fortescue a pesé en Bourse sur les actions BHP et Rio qui ont respectivement reculé de 3 % et 5 % à Londres. Ce dernier a, par ailleurs, fait les frais d'une note négative de la part de RBS qui s'attend à une baisse de 48 % de son Ebitda au titre du premier semestre. Malgré tout, le rebond des matières premières profite au secteur. Depuis le début de l'année, Rio s'adjuge plus de 59 %, Vale plus de 28 %. Seul BHP ne progresse que de 6 %. G. V.

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