Bonus  : les politiques rivalisent de déclarations

RémunérationsÀ un peu plus d'un mois de la réunion du G20 de Pittsburgh qui débute le 24 septembre, chaque jour apporte son lot de déclarations d'intention sur le brûlant sujet des bonus, dont Paris entend faire un sujet majeur de discussion le mois prochain. La France, dont les banques estiment être en conformité avec l'esprit du G20, est particulièrement diserte. Hier matin sur France Inter, la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, a de nouveau dénoncé la « course à l'échalote » aux bonus et plaidé pour « un mode d'emploi collectif » pour mettre fin aux « abus ». Lundi prochain, la ministre recevra les banquiers français pour préparer la réunion à l'Élysée du 25 août avec Nicolas Sarkozy. L'ordre du jour concernera les rémunérations variables dans les salles de marché et l'état du financement de l'économie. Des banques, la ministre attend de savoir « quelles mesures elles proposent de prendre en matière de rémunération variable, concernant en particulier les tables de traders », a-t-elle déclaré hier matin. La Fédération bancaire française (FBF) n'a pas réagi hier. Dès le mois de février, les banques françaises ont adopté des principes communs concernant la rémunération des professionnels de marchés, sous l'égide de la FBF, principes qui visent à éviter les prises de risque excessives. Depuis, les provisions que BNP Paribas a admis avoir constituées pour rémunérer ses traders ont mis le feu aux poudres et fait vivement réagir l'Élysée.La démarche politique française n'est pas isolée. En Allemagne et au Royaume-Uni, les codes de bonne conduite, les recommandations, les menaces de législation fleurissent ces derniers jours, comme si chacun voulait prouver à Pittsburgh sa bonne volonté dans ce domaine. Outre-manche un puissant lobby, Compass, qui conseille le Parti travailliste, a invité hier le Premier ministre, Gordon Brown, à constituer une sorte de jury qui aurait autorité pour fixer la rémunération des dirigeants, y compris leur bonus. Ce week-end, le ministre des Finances, Alistair Darling, s'était dit prêt à durcir la loi, si nécessaire ; quant à l'Allemagne, la chancelière, Angela Merkel, a toujours été très virulente sur le sujet des rémunérations, et le régulateur (la Bafin) vient de publier une série de nouvelles règles de gestion des risques (nos éditions d'hier). Une approche internationale étant jugée indispensable pour préserver la compétitivité de chacun, les États-Unis devront également et absolument répondre présents sur cette délicate question des bonus, le 24 septembre prochain. Ryadh Benlahrech

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