Les difficultés d'Opel relancent l'idée d'un plan auto européen

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L'Allemagne se mobilise pour sauver Opel, filiale de GM. À commencer par sa classe politique. Et ce, au grand dam de la concurrence. Hier, la chancelière Angela Merkel a rencontré les dirigeants du groupe américain et de sa branche européenne, pour trouver une issue à la grave crise que traverse ce vieux constructeur. Opel, qui fabrique des voitures depuis 1898 et appartient à GM depuis 1929, a demandé à l'État fédéral et aux quatre Länder dans lesquels se trouvent ses usines une garantie de 1 milliard d'euros.Le directeur général d'Opel, Hans Demant, a certes affirmé que cette requête n'était que préventive. Mais les rumeurs estiment qu'il manque 2 milliards d'euros dans les caisses du constructeur de Rüsselsheim. Une somme que GM, à court de trésorerie, n'a pas pu verser. Exsangue, le groupe de Detroit vient même de revendre les derniers 3 % qu'il détenait dans le constructeur japonais Suzuki, pour récolter 180 millions d'euros de cash.L'enjeu pour l'Allemagne est énorme : Opel emploie encore 25.700 personnes outre-Rhin malgré les restructurations répétées, sans compter concessionnaires et fournisseurs. Il a vendu 1,63 million de véhicules l'an dernier en Europe (avec sa marque s?ur Vauxhall) et détient 7,9 % du marché européen (8,5 % il y a un an). Du coup, les autorités locales montrent un soutien sans faille. Hier, le gouvernement de Hesse, où se trouve l'usine de Rüsselsheim (18.000 employés), a décidé d'accorder une garantie de 500 millions d'euros à Opel.Au niveau fédéral, cependant, on est plus prudent. Angela Merkel a ainsi indiqué qu'elle voulait « se familiariser progressivement avec la situation et chercher des solutions possibles ». Le gouvernement veut éviter que les fonds allemands ne finissent dans les caisses de GM à Detroit. « Toutes les aides doivent rester en Allemagne, a précisé un porte-parole. Une décision sur Opel sera prise avant Noël. »« profiteurs de la crise »Le ministre des Finances, Peer Steinbrück, a d'ailleurs fustigé les « profiteurs de la crise » qui pensent pouvoir aisément piocher dans les caisses de l'État. Lui-même et son collègue de l'Économie, Michael Glos, ont repoussé l'idée d'un plan global de sauvetage du secteur automobile comparable à celui envisagé pour les banques.Si Berlin s'interroge, Paris se montre encore moins chaud pour un « plan auto » national destiné à Renault et PSA. Un éventuel soutien à l'industrie automobile « sera d'abord prescrit au niveau européen, et ensuite sur le plan national », a expliqué hier Christine Lagarde sur Europe 1. Le ministre de l'Économie et de l'Emploi ajoutait : « Je crois que c'est plutôt la Banque européenne d'investissement [BEI] qui va se mobiliser ». Samedi, le ministre du Budget, Éric Woerth, avait aussi estimé qu'un plan de relance ne servirait « à rien au niveau français. »Günter Verheugen, commissaire européen à l'Industrie, avait affirmé, fin octobre, qu'il fallait « prendre par la main le secteur automobile », évoquant également l'idée de prêts par l'intermédiaire de la BEI. Les constructeurs européens réclament 40 milliards d'euros de crédits, pour affronter la crise et lutter contre les mesures de soutien que Washington compte apporter à son industrie nationale.

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