Les banques françaises affichent des résultats contrastés depuis deux mois

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Au lendemain de l'opération vérité de BNP Paribas, la pression se porte sur les autres banques d'investissement françaises. Après un mois d'octobre chaotique, le mois de novembre a également été très violent. « Le trading a été extrêmement volatil jusqu'à la mi-novembre », expliquait il y a peu un dirigeant d'une banque d'investissement hexagonale. Jusqu'ici, les activités de crédit étaient les principaux foyers de pertes. Ce sont surtout les dérivés actions qui ont été à l'origine des pertes sur les trois derniers mois.À la Société Générale, malgré la taille importante de l'activité dérivés actions, le mois de novembre semble ne pas avoir été si mauvais. En octobre, sa banque d'investissement avait réussi à afficher des revenus « positifs ». « En novembre, les métiers ont connu des performances contrastées. Le mois se solde par une très légère amélioration dans la banque de financement et d'investissement », a expliqué Frédéric Oudéa, le directeur général de la Société Générale dans un entretien à « L'Agefi » lundi. Il n'a toutefois pas donné d'indications sur le coût du risque, dont le niveau a partout explosé ces derniers mois, et qui est à l'origine de la majeure partie des pertes de BNP Paribas. Par ailleurs, la Société Générale aurait davantage réduit son exposition, en « coupant » plus de positions, durant les mois d'octobre et de novembre.addition saléeChez Natixis, les dégâts risquent en revanche d'être lourds au quatrième trimestre. La banque a déjà reconnu avoir enregistré des pertes de 500 millions d'euros en octobre (250 millions en pertes de revenus et autant en coût du risque). Elle a également dévoilé en début de semaine avoir une exposition de 450 millions d'euros sur les fonds frauduleux de Bernard Madoff. Alors que BNP Paribas a considéré la sienne comme entièrement perdue, l'addition de Natixis risque d'être salée pour le mois de novembre si elle adopte la même hypothèse. Sans oublier que la banque dispose d'activités de marché orientées sur les produits dérivés complexes (exotiques) et d'arbitrage, qui sont celles qui souffrent le plus depuis début octobre. Contacté, Natixis n'a pas souhaité faire de commentaires.moindre expositionEn revanche, la BFI du Crédit Agricole s'en tire globalement mieux que ses concurrentes. Un porte-parole de Calyon a déclaré à « La Tribune » que « les résultats de Calyon seront positifs sur octobre et novembre ». Une performance qui s'explique notamment par le fait que depuis cet été, la banque a fortement réduit la voilure sur ses activités de marché et spécialement sur les dérivés actions. Elle réalise ainsi moins d'activité que ses concurrents, s'exposant moins. Calyon possède aussi une banque de financement importante qui compense relativement plus les pertes de ses activités de marché que ses concurrents. Les métiers de financement ont dégagé 250 millions d'euros de résultat avant impôt au troisième trimestre.Les banques de financement sont en effet considérées comme des atouts en cette période difficiles pour les marchés de capitaux. Pour autant, banquiers et analystes s'attendent à une forte remontée du coût du risque dans les prochains mois, notamment pour les créances à effet de levier des sociétés sous LBO.

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