Laxisme à Kabuto-chô

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C'est le monde à l'envers?: il est devenu plus facile de traiter des actions à la Bourse japonaise qu'à la Bourse américaine?! », s'amuse Morten Paulsen, analyste chez CLSA à Tokyo. Les autorités financières japonaises ont jusqu'à présent fait preuve d'une extrême clémence à l'égard des acteurs de leur marché, loin du tour de vis mondial subi par les investisseurs partout ailleurs sur les grandes places. « Devant l'effondrement des valeurs bancaires, les États-Unis ont interdit la vente à découvert (« short selling ») des titres financiers. L'Europe a suivi. Récemment, la Corée du Sud a interdit toute vente à découvert », rappelle Jérémie Capron, également chez CLSA. Le Japon s'est contenté d'interdire fin octobre le « naked short », soit la vente à découvert sans que les titres traités soient empruntés. Encore cette interdiction, temporaire (elle prend fin en avril prochain), a-t-elle eu lieu deux semaines après les tours de vis des autres places. Du reste, elle s'applique à une pratique plutôt marginale.La place de Tokyo est à beaucoup d'égards d'un grand laxisme, mais elle ne s'est pas remise en question du fait de la crise financière. Le délit d'initié y est faiblement sanctionné. Les conditions légales d'introduction en Bourse sont minimes. Beaucoup de sociétés en profitent pour se coter uniquement pour une question de prestige, ne mettant sur le marché qu'une part faible de « flottant », ce qui augmente encore les risques de délit d'initié. « Certains agents immobiliers refusent des logements aux employés qui ne travaillent pas dans des sociétés cotées », raconte un jeune expatrié.Le Japon est sans doute limité dans ses ambitions réglementaires par sa peur d'un exode des investisseurs étrangers. Ceux-ci, qui représentent 70 % de l'activité, sont de plus en plus attirés par les places de Hong Kong ou Singapour, aux régimes fiscaux avantageux. régis Arnaud, à Tokyo

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