Avis de fortes turbulences sur le marché des changes

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Après le coup de force de la Réserve fédérale américaine mardi soir, le marché des changes renoue avec ses vieux démons. Après avoir regagné 29 % de sa valeur face à l'euro depuis son plancher historique de 1,6038 du 15 juillet dernier, le dollar accuse un repli de 12,5 % depuis le point haut de son cycle de reprise, qui avait culminé à 1,2390 pour 1 euro. Hier, le billet vert a dérivé jusqu'à 1,4435, accusant sa plus forte chute en une séance depuis la naissance de l'euro. Face au yen, sa reculade est tout aussi spectaculaire, puisque, après avoir enfoncé le seuil de 90, le dollar a chuté à un point bas de 13 ans, pour ne plus valoir mercredi que 87,15. De quoi inciter la Banque du Japon à la riposte. Des interventions de changes, interrompues depuis 2004 après le maniement sans discontinuer de cette arme, sont désormais attendues par le marché pour contrer la flambée du yen et, dès vendredi, la Banque du Japon, jusque-là plutôt réticente, pourrait décider d'une baisse de ses taux. Ramené de 0,5 % à 0,3 % le 21 octobre, son taux directeur pourrait tomber à 0,1 %, voire tout de suite avec la Zirp, la politique de taux zéro, conduite de 1999 à 2006.proche de l'impensableC'est l'euro qui encaisse le plus brutalement le choc de la rechute du dollar. D'autant que le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a laissé anticiper une pause dans l'assouplissement monétaire en janvier, en déclarant mardi qu'il y avait « une limite à la baisse des taux ». Phénomène le plus saisissant?: la livre sterling ne chute pas, elle s'effondre, pulvérisant jour après jour des records de faiblesse. Hier, elle a dégringolé jusqu'à 0,9285, ce qui porte à 11 % sa dépréciation depuis le début décembre. La monnaie de Sa Majesté se rapproche ainsi de jour en jour de l'impensable pour un Britannique?: la parité avec l'euro. À la vitesse actuelle de dépréciation, le seuil de 1 pour 1 serait atteint dès le début de l'an prochain.Mais l'euro s'apprécie aussi face à toutes les monnaies européennes non membres de la zone euro, à commencer par celles des Peco, les pays d'Europe centrale et orientale, qui, après une phase ascensionnelle inédite, se retrouvent sous les coups de boutoir de la spéculation. L'Europe du Nord n'est pas en reste. Alors que la couronne suédoise, longtemps très stable, affiche un recul de près de 20 % depuis août, son homologue norvégienne enfonce des records de faiblesse. La brutale baisse de la banque centrale norvégienne hier, qui a réduit le loyer de l'argent de 175 points de base, à 3 %, a une nouvelle fois envoyé la couronne norvégienne au tapis, lui faisant franchir pour la première fois le seuil de 9,60 pour 1 euro.L'étroitesse des marchés favorise certes les décalages mais le retour à d'aussi fortes turbulences n'augure rien de bon pour le début 2009.

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