Les difficultés d'UBS profitent aux banques suisses

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dix-huit milliards d'euros. C'est la somme des avoirs qui ont quitté les caisses du suisse UBS pendant le troisième trimestre de l'année 2008. Les clients ont quitté en masse la banque, référence encore il y a peu de la gestion de fortune. La faillite de Lehman est passée par là. UBS a enregistré 48,6 milliards de dollars de provisions depuis le début de la crise et certains analystes anticipent une perte pour 2008 de 20 milliards de francs suisses (13,5 milliards d'euros). Et l'implication dans le scandale « Madoff » n'a pas contribué à redorer le blason de la banque. Ces déboires, ses concurrents s'en frottent les mains. Même s'ils s'en cachent. Et au premier chef, son rival direct, Credit Suisse. Certes, à l'image de la quasi-totalité de ses cons?urs, la banque a été touchée par la déconfiture des marchés financiers. La somme de ses actifs gérés à fin septembre 2008 a ainsi baissé de 10,4 % par rapport à 2008. La faute à une concentration trop importante des avoirs sur les actions. image rassuranteMais, tandis que UBS observait, impuissant, ses clients vider leurs comptes, Credit Suisse enregistrait une collecte nette de 27,3 milliards d'euros au 30 septembre 2008. Le numéro deux helvétique n'a pas été le seul à profiter des difficultés de UBS. Les banquiers privés familiaux suisses aussi ont tiré leur épingle du jeu. Leur image de boutique de gestion familiale, avec des associés directement responsables des performances de la société, rassure les clients dans le contexte actuel. Et ce, malgré l'implication de certaines d'entre elles dans l'affaire « Madoff », comme Bénédict Hentsch (48 millions de dollars de pertes selon Bloomberg) et Reichmuth & Cie (330 millions). « La proximité que ces banquiers entretiennent avec leurs clients est un atout fort », analyse Jean de Castries, associé du cabinet de conseil Equinox Consulting.La bonne réputation de la place suisse, Pictet peut en témoigner. L'institution genevoise est l'une des rares à pouvoir se vanter d'avoir enregistré une croissance de son encours. Effets de marché compris. Dix milliards d'euros sont entrés dans les caisses l'an dernier, selon les dernières estimations. À ce jour, l'encours atteint 240 milliards d'euros. « Beaucoup de clients très fortunés, venant d'autres maisons, ont rejoint Pictet depuis juillet », se réjouit Dominique Benoît, directeur général de Pictet en France. La politique prudente d'investissement aura aussi compté pour beaucoup dans ce bilan flatteur. Dès juin 2007, la part des actions dans le portefeuille de Pictet a été réduite de 20 % en moyenne, quel que soit le profil de risque décidé par le client. Les positions dans les hedge funds, dont raffolent pourtant les banques privées, ont été réduites au profit des fonds souverains.«?pas de risques?»Les autres maisons suisses ont également bien résisté à la crise. La banque Bordier & Cie, qui dit « avoir profit頻 des difficultés des grands établissements du pays à l'automne, affiche ainsi pour 2008 une croissance de son encours de 5 %. Seul bémol : après avoir intégré les conséquences de la chute des marchés, elle concède une baisse de 15 %. Mais signe, là encore, de la confiance qu'ont les clients en les banques familiales : la collecte nette de Bordier en 2008 est positive, avec 500 millions de francs suisses supplémentaires.« En 2009, nous ne prendrons pas de risques », annonce Dominique Benoît. « Mais nous ne prendrons pas de risques excessifs. » Une prudence que peut se permettre la banque, vu son avance sur les autres banquiers familiaux. ncertains analystes anticipent une perte de 20 milliards de francs suisses pour 2008.

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