« Je ne supporte pas le murmure »

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Les Rencontres de Ruth Elkrief (BFM TV)Je ne serai pas le petit comptable des compétitions socialo-socialistes, je suis en première ligne, d'abord contre la droite. » Dans son nouveau bureau encore capharnaüm, ex-bureau de « Juju » (Julien Dray), une affiche de François Mitterrand aux couleurs passées côtoie un ordinateur Apple blanc. Benoît Hamon veut préciser son nouveau rôle de porte-parole du Parti socialiste. Projeté dans la lumière depuis le congrès de Reims, chouchouté par les journalistes (le magazine « Elle » dit même qu'il a remis à la mode le caban breton), le tenant de l'aile radicale du PS cherche encore ses marques? « Je suis heureux, mais c'est une tension permanente. Je suis surveillé à l'extérieur et à l'intérieur dans mon camp, et dans ma génération j'ai beaucoup plus d'ennemis. » Le dernier piège ? Contacté sur son portable par de prétendus représentants d'une association « France-Palestine », il s'est renseigné et a évité la rencontre à la dernière minute : ses interlocuteurs appartenaient en fait à une faction proche du Hezbollah. Il a aussi refusé de se rendre aux manifestations anti-israéliennes : « Imaginez l'image d'un drapeau brûlant au-dessus de ma tête [?]. D'ailleurs, je suis beaucoup plus équilibré sur cette question qu'on ne le croit. Je reçois des reproches réguliers sur mon blog, on me trouve trop timoré. »Pas question pour autant d'être « domestiqu頻. À ceux qui lui recommandent un training médiatique ou une parole plus tiède, il réplique : « Je ne supporte pas le moins-disant politique, le murmure, le bla-bla. » Le PS doit être un parti de « transformation sociale » et il faut tenir bon sur les « transgressions » : les restrictions au libre-échange européen, ou même la recherche d'une « forme de contrôle public sur les licenciements ».Lorsqu'on critique le silence du nouveau PS, Benoît Hamon affirme que « Martine Aubry ne calera pas son agenda médiatique » sur celui de Nicolas Sarkozy. « Je l'ai trois fois par jour au téléphone, elle sera là de plus en plus souvent et pas seulement à Solferino, aussi sur le terrain. » Difficile d'enfoncer un coin entre les deux, Benoît Hamon a fait ses premières armes de conseiller politique dans le cabinet de la ministre des Affaires sociales de Lionel Jospin, en 2000. Aujourd'hui, les relations sont très simples : « Il faut seulement que je lui rappelle parfois que je représente un courant à part entière, et qu'on ne règle pas certaines questions sur un coin de table. » Benoît Hamon tente aussi de garder le contact avec le camp de Ségolène Royal. Avec son ancien camarade du NPS, Vincent Peillon, il parle souvent des prochaines échéances européennes autour d'un café. « On ne les humiliera pas, j'en ai trop souffert, lorsque j'étais minoritaire », assure-t-il.Col roulé noir et costume gris, les yeux brillants, Benoît Hamon savoure son nouveau statut : « Je vais pouvoir rencontrer les intellectuels qui m'intéressent, travailler sur des questions nouvelles comme la justice? » Mais pas question de renier ses amis. Benoît Hamon consulte toujours son mentor, Henri Emmanuelli : « Sans lui, je n'aurais jamais réussi le congrès et puis, sur les questions financières, il est un des meilleurs, tout le monde a oublié qu'il vient de la banque. » À 41 ans, sa vie a-t-elle changé ? « Je vois un peu moins ma fille d'un an, je dois m'acheter un ou deux costards, mais je continue à prendre le métro ! » nBenoît Hamon savoure son nouveau statut :  « Je vais pouvoir rencontrer les intellectuels qui m'intéressent, travailler sur des questions nouvelles comme la justice? »© LIONEL BONAVENTURE/AFP - d

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