Le Japon humanise sa politique spatiale

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Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour le Japon. Mardi, la navette Discovery s'est arrimée à la station spatiale internationale ISS, amenant à bon port Koichi Wakata, premier Japonais envoyé pour une longue période dans l'espace (deux mois) pour finaliser le module Kibo, un laboratoire d'étude de la microgravité. « C'est le premier pas de l'exploration spatiale humaine japonaise », s'enthousiasme un responsable de JAXA, la NASA nippone. Il y a quelques jours, le comité de politique spatiale, dépendant du Premier ministre, a approuvé la poursuite d'un programme de vols habités dans l'espace, une idée qui avait été abandonnée en 2004. Tokyo veut envoyer un Japonais sur la Lune.Le Japon s'est doté d'une industrie de lanceurs depuis dix ans. En janvier, il a mis en orbite, grâce à son lanceur H-2A, un premier satellite d'observation des gaz à effet de serre. L'ambition est politique : Tokyo assiste avec effroi aux progrès des Chinois qui ont envoyé un « taïkonaute dans l'espace dès 2003. Elle est aussi économique : le Japon voit dans les cieux des débouchés infinis pour ses industries frappées par la crise. Dans l'aéronautique, il s'est imposé comme le principal sous-traitant de Boeing. Il « peut devenir un acteur majeur de l'espace au vu de la taille de son économie, son expertise technologique et son excellence industrielle. Mieux : il doit le devenir en raison de sa stagnation et de sa population en déclin », plaide Patrick Collins, de Space Future Consulting. L'industrie spatiale représentait 251 milliards de dollars en 2007.tourisme spatialJusqu'à maintenant, les vols habités n'étaient pas au menu du gouvernement. Mais le tourisme spatial semble à un tournant. Le milliardaire américain Charles Simonyi s'est dit prêt à payer 35 millions de dollars pour séjourner une semaine dans ISS à la fin du mois. « L'association japonaise spatiale a produit des rapports précurseurs sur le tourisme spatial qui ont inspiré les Américains », explique Patrick Collins, qui voit là l'industrie de demain : les progrès sont si rapides que, dans quelques années, les vols suborbitaux (100 km d'altitude) ne coûteront plus que 5.000 dollars par passager, et les vols orbitaux (entre 120 et 2.000 km) 20.000 dollars.Régis Arnaud à TokyoTokyo assiste avec effroi aux progrès des Chinois.

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