Le Capitole part en croisade contre les bonus à Wall Street

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Pour l'opinion publique américaine, comme pour l'ensemble de la classe politique aux États-Unis, la coupe est pleine. « Je crois fermement qu'il est temps d'exercer notre droit d'actionnaire », a déclaré hier Barney Frank, l'influent président de la commission des services financiers de la Chambre des représentants, au sujet des 165 millions de dollars de bonus accordés par AIG. Au Capitole, la fureur contre les primes versées par les firmes de Wall Street renflouées par le gouvernement fédéral s'est transformée en véritable croisade, visant au premier chef AIG, bénéficiaire de 180 milliards de dollars d'aides publiques, mais aussi des banques dont Merrill Lynch.Entendu hier au Congrès, Edward Liddy, le PDG d'AIG, a été assailli de questions sur la légitimité des primes versées dans la division AIG Financial Products, largement responsable des déboires de l'assureur qui, sans aide fédérale, aurait difficilement échappé à la faillite. « J'ai demandé à ceux qui ont reçu des paiements de 100.000 dollars ou plus de rendre au moins la moitié de ces versements », a annoncé Liddy.Toutefois, le patron d'AIG, nommé en septembre pour redresser l'assureur, a justifié le versement de ces primes. Tout d'abord, ne pas les accorder aurait exposé le groupe à de coûteux procès, puisque leur montant avait été décidé contractuellement dès le premier trimestre 2008. De plus, payer ces bonus avait pour objectif de répondre à « la froide réalité de la compétition » à Wall Street et à conserver certains employés capables de déboucler les montages financiers les plus toxiques de l'assureur.arguments rejetésLes parlementaires n'ont eu cure de ces arguments et les projets de loi visant à récupérer les bonus pour le contribuable ont continué à s'empiler hier (« La Tribune » du 18 mars). Les propositions déposées ont généralement pour objectif de surtaxer (de 35 % à 100 % selon les cas) les primes chez AIG et toute institution ayant bénéficié du programme de relance de la finance (Tarp). Barney Frank a demandé que le gouvernement, en sa qualité d'actionnaire, traîne en justice « les personnes qui ont vraiment endommag頻 l'assureur.La finance américaine se serait bien passée de cette polémique. Selon le « Wall Street Journal », des banques dont Citigroup et Morgan Stanley étudieraient la possibilité d'augmenter le salaire de leurs cadres dirigeants, à défaut de pouvoir leur payer de copieux bonus. Expert en rémunérations au sein du cabinet WorldatWork, Ryan Johnson déplore que l'administration Obama ait choisi de limiter la rémunération annuelle des patrons des banques aidées à 500.000 dollars. « C'est une vision à court terme et il est regrettable que ces banques ne puissent pas retenir ou attirer les meilleurs talents au moment où elles en ont le plus besoin. » Dans un futur proche, Wall Street devrait privilégier les primes basées sur les performances à long terme, accompagnées de clauses de rétrocession, prédit Johnson.

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