La Roumanie négocie un mégaprêt avec le FMI

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Cet emprunt est une ceinture de sécurité pour la Roumanie, puisque notre pays n'a, aujourd'hui, pas besoin d'argent. » C'est avec ces mots que le président roumain, Traian Basescu, confirmait officiellement, mardi soir, les rumeurs selon lesquelles la Roumanie allait faire appel au Fonds monétaire international (FMI). « Je n'annoncerai pas la somme exacte de cet emprunt [?], mais il pourrait s'approcher de 20 milliards d'euros », a-t-il ajouté. Hier, le Premier ministre, Emil Boc, expliquait de son côté que le gouvernement ne laissera pas le Fonds monétaire international imposer ses conditions, précisant : « Nous n'augmenterons pas le taux d'imposition unique ni la TVA. »Jusqu'au dernier moment, Bucarest a voulu croire qu'il lui serait possible de se dispenser d'un emprunt avec le FMI, redoutant des conditions trop strictes. Depuis la chute du régime communiste, le pays a passé six accords avec le financeur international. Un seul a été honoré en totalité. « Il existe des réticences des deux côtés, mais la Roumanie n'a plus vraiment le choix », explique l'économiste Liviu Voinea. Car après une croissance économique de plus de 7 % en 2008, la classe politique roumaine commence à découvrir l'ampleur des dégâts causés par la crise. Le budget 2009, voté fin février par le Parlement, se basait sur une croissance de 2,5 %. « Si vous me le demandez, à l'heure actuelle, il est possible qu'elle se situera entre ? 1 % et 1,5 % », déclarait le ministre des Finances, Gheorghe Pogea, deux semaines plus tard. La situation économique de la Roumanie va en effet de mal en pis. Comme dans la plupart des pays de la région, la monnaie nationale, le leu, a connu une forte dépression, perdant près de 20 % de sa valeur face à l'euro en six mois. Dans le secteur de l'industrie, les arrêts temporaires de production sont de plus en plus nombreux. Sur les 13.500 employés que compte le combinat sidérurgique d'ArcelorMittal à Galati, par exemple, 1.100 ont déjà accepté le plan de départs volontaires proposé par la direction, alors que 1.600 autres demandes sont en cours de traitement.le pire est à venirLundi, le Premier ministre présentait devant le Parlement un plan anticrise de plus de 13 milliards d'euros, soit près de 10 % du PIB. Il estimait, un peu plus tard dans la soirée, que le pire était à venir et que, « en avril, il y aura un pic encore plus difficile qu'au mois de mars ». Le gouvernement, qui prévoit de faire des économies sur les dépenses salariales de l'État, va également devoir affronter la colère des fonctionnaires. Ceux-ci attendent toujours les augmentations salariales promises lors de la campagne des élections législatives de l'automne et menacent de sortir dans les rues. Bref, le printemps roumain s'annonce agité. Jonas Mercier, à bucarestFred GUERDIN/REPORTERS-REA

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