La Californie en éclaireur

 |   |  348  mots
L'affaire de la semaine est la Californie. Ce grand État des États-Unis, de 37 millions d'habitants, à l'économie diversifiée et puissante, a des finances publiques désastreuses. La cause principale est la baisse des recettes fiscales avec la crise immobilière et économique et le blocage du Parlement californien, où le budget doit être approuvé par une majorité des deux tiers qu'il est impossible de rassembler. Arnold Schwarzenegger, le gouverneur de l'État, espère qu'un référendum qui a lieu aujourd'hui autorisera des mesures correctrices, mais les sondages sont très défavorables. Les Californiens ne veulent ni de baisse des dépenses de sécurité sociale, ni de hausses des impôts. C'est la révolte des contribuables ! La situation est pourtant très tendue. Si rien n'est fait, le déficit sera de 21 milliards de dollars sur un budget d'environ 100 milliards. Le rating n'est plus « AAA » depuis longtemps et les conditions d'emprunt commencent à être sévères, avec un taux d'intérêt sur le marché obligataire supérieur de 120 points de base (1,20 %) au taux que supportent des collectivités locales bien notées. Le gouverneur a prévenu que, si les électeurs repoussent les mesures proposées, il faudra licencier 50.000 professeurs, libérer 40.000 prisonniers, faire baisser le budget des pompiers de 10 %, etc. Mais il semble que des mesures de ce genre devront être prises de toute façon puisque, même si le référendum passe, le déficit budgétaire sera de 15 milliards. Ce qui se passe en Californie se passera ailleurs. Partout, il y a des recettes fiscales qui baissent et des dépenses qui s'alourdissent automatiquement. Partout, il y a des électeurs qui refusent la baisse des allocations et la hausse des impôts. Partout, il faudra faire des choix douloureux. La Californie a été la première à subir le retournement de l'immobilier, la crise des subprimes, les pertes des banques, les faillites d'entreprises et la hausse du chômage. Elle est maintenant la première à ressentir la crise des finances publiques.Par Maurice de Boisséson, Octo Finances.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :