La livre sterling reste très vulnérable

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La livre sterling avait réussi à enrayer une descente aux enfers historique qui l'avait entraînée dans les derniers jours de 2008 pratiquement à parité avec l'euro, tandis qu'elle chutait à un plancher de six ans face au dollar à moins de 1,45. Mais son récent rebond, qui lui avait permis de remonter jusqu'à 0,8850 pour un euro et 1,54 dollar, tenait du miracle tant l'économie britannique est mal en point et son système bancaire, longtemps le plus puissant d'Europe, en pleine déconfiture. titanic bancaireIl n'y a donc eu aucun stratège change pour s'étonner de la rechute du début de semaine de la livre, qui reste d'une grande vulnérabilité. Elle a piqué du nez jusqu'à 1,4450 dollar et 0,9090 pour un euro pourtant fragilisé par la dégradation de la note souveraine de l'Espagne par l'agence Standard and Poor's qui lui a retiré son prestigieux triple A. Il a suffi d'une étincelle pour allumer cette nouvelle mèche?: l'annonce lundi, par la Royal Bank of Scotland (RBS), de pertes et dépréciations d'actifs potentiels de 20 milliards de livres, les plus importantes de l'histoire du capitalisme britannique. Le nouveau plan de sauvetage bancaire mis sur pied durant le week-end par le gouvernement de Londres, pour tenter de dégeler un marché monétaire totalement pris dans les glaces, n'a pas suffi à contrebalancer l'annonce de ce Titanic bancaire, d'autant que ce chiffre calamiteux pourrait être revu à la hausse, jusqu'à 28 milliards de livres, lorsque RBS publiera officiellement ses résultats annuels le 26 février prochain.Autre annonce du jour qui a affecté la livre, mais surtout le marché obligataire où les taux britanniques à dix ans ? les gilts ? ont subi un revers majeur, se tendant de 14 points de base jusqu'à 3,49 %?: l'autorisation sans précédent donnée par le Trésor britannique à la Banque d'Angleterre de mettre en place un fonds spécial destiné à acheter jusqu'à 50 milliards de livres d'actifs de « haute qualit頻 ou de crédits adossés à des actifs auprès des banques et entreprises du secteur privé. C'est la porte ouverte à la politique monétaire dite d'assouplissement quantitatif, qui ne manquera pas de provoquer un gonflement du bilan de la Vieille Dame de Threadneedle Street, qui jusque-là s'était contentée d'agir sur ses taux d'intérêt. La Banque d'Angleterre a réduit le loyer de l'argent de 5,25 % début 2008 à 1,5 % début janvier 2009, au plus bas depuis sa création en 1694, et devrait récidiver lors de son prochain conseil le 5 février. Derrière cette série de mesures, les acteurs du marché de la dette publique ne peuvent que redouter une montée en puissance des besoins d'emprunt du gouvernement. D'où la dérive du sterling et le coup de torchon sur les gilts. Isabelle Croizard

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