Les chercheurs vent debout contre les réformes

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Après l'Éducation nationale samedi, c'est au tour de l'enseignement supérieur et de la recherche de battre le pavé aujourd'hui. Les sujets de contestations sont légion. Portée par la volonté élyséenne de réformes, Valérie Pécresse a lancé une série de mesures, dans le sillage de la loi LRU (libertés et responsabilités des universités) de 2007. Objectif : placer les universités au c?ur d'un système de recherche redéfini. Sur le papier, il s'agit d'octroyer plus d'autonomie aux universités et de favoriser l'excellence de la recherche. Dans la pratique, « il n'y a jamais eu autant de textes ministériels qui contraignaient autant l'université qu'aujourd'hui », remarque Jean Chambaz, le vice-président de l'université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC, Paris VI) en charge de la recherche. les spécificités niéesRedéploiements de postes et dotations ne se basant que sur le nombre d'étudiants, nouveau système de répartition des moyens ne tenant pas compte des chercheurs des unités mixtes issus d'autres établissements? Les spécificités de chaque université sont « niées », regrette Jean Chambaz. Le devenir d'organismes, tel le CNRS, appelés à évoluer en agences de moyens, est aussi posé.Quant au projet de décret réformant le statut d'enseignant-chercheur, le mécontentement persiste malgré les aménagements concédés par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche jeudi dernier, qualifiés de « cosmétiques » par le Snesup. Si toutes les activités, et non plus les seuls travaux de recherche, seront finalement prises en compte pour répartir les heures d'enseignement et de recherche (les travaux de « très grande qualit頻 impliquant une décharge d'enseignement), les présidents d'universités, même s'ils doivent motiver leurs décisions, gardent la main sur cette répartition mais aussi sur l'attribution des promotions. Pour certains, cette « individualisation » de la gestion des carrières vise à accélérer le pilotage de la recherche par le gouvernement en récompensant les chercheurs qui répondraient le mieux à des thèmes de recherche imposés. C. J.

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