Le nucléaire civil à l'assaut de l'Inde

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Les vendeurs de technologies nucléaires civiles se bousculent à New Delhi, en ce mois de janvier. Américains, Britanniques ou encore Kazakhs, tous veulent leur part du fabuleux marché d'équipement de l'Inde en réacteurs nucléaires, sur lequel la France s'est bien positionnée.La semaine dernière, une soixantaine d'hommes d'affaires américains du secteur étaient en Inde pour rencontrer leurs homologues indiens et les responsables d'administration. Cette semaine, le ministre britannique des Affaires et des Entreprises, Peter Mandelson, conduit une délégation d'une vingtaine de personnes, avec des entretiens au plus haut niveau. Dans les couloirs des ministères, il croisera le ministre canadien du Commerce extérieur, venu lui aussi à la tête d'une délégation de professionnels du nucléaire. Enfin, dans quelques jours, le président du Kazakhstan, Nursultan Nazarbayev, sera l'invité d'honneur pour la fête nationale indienne. Au menu, outre le défilé militaire, l'achat d'uranium par l'Inde au Kazakhstan, qui est un très gros producteur, et un éventuel accord de partenariat qui verrait l'Inde investir dans ce pays d'Asie centrale. Si toutes ces délégations se retrouvent ici, c'est parce que l'Inde a finalement été acceptée, en septembre dernier, dans le club des pays avec lesquels le commerce nucléaire civil est autorisé. Ce qui a ouvert les portes d'un colossal marché : le pays, qui souffre cruellement d'un manque d'énergie électrique, veut construire pour 30.000 mégawatts de capacité nucléaire d'ici à 2020 et le double d'ici à 2030. Soit plusieurs dizaines de réacteurs.accord d'ArevaMême si elle n'a pas une délégation massive à Delhi en ce moment, la France n'est pas inactive. De passage dans la capitale indienne samedi dernier, Jean-David Levitte, conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, a rappelé que le groupe français Areva vient de signer un accord sur la livraison de 300 tonnes d'uranium à l'Inde. Et le diplomate a estimé que la France pourrait signer d'ici à la fin de l'année un contrat pour une demi-douzaine de réacteurs.Reste que les professionnels du secteur se veulent prudents quant au rythme de concrétisation des contrats. Des questions importantes ne sont toujours pas réglées, comme celle de la responsabilité juridique des constructeurs de centrale. Les entreprises étrangères demandent à l'Inde de ratifier les conventions internationales en la matière, faute de quoi elles ne pourraient prendre le risque d'opérer ici. Enfin, les négociations concrètes sur les projets de centrale et leur financement ne font que commencer.Patrick de Jacquelot,à New Delhi

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