Londres tient la dragée haute aux Bourses continentales

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La Grande-Bretagne est le pays de l'OCDE le plus touché par la crise économique, la livre sterling dérape et deux des quatre plus grandes banques du pays ont été nationalisées. Mais tout cela n'empêche pas la Bourse de Londres de continuer à surperformer les autres grandes places européennes. Certes, le recul reste violent. Mais sur six mois, le FTSE 100 enregistre une baisse de « seulement » 27 %, contre 36 % pour le CAC 40, et de 40 % pour le DAX. L'anomalie apparente s'explique en grande partie par la composition de l'indice boursier britannique. « C'est un indice étrange, qui ne représente pas du tout l'économie britannique », souligne Philip Lawlor, stratégiste à Nomura. En particulier, le secteur pétrolier pèse 24 % de l'indice, contre 8 % en moyenne en Europe. De plus, les majors pétrolières payent d'excellents dividendes, phénomène de plus en plus rare. Le secteur minier est également surreprésenté (lire ci-dessous). à l'inverse, le poids de la finance et des banques n'a cessé de se réduire : seulement 16 %, contre 22 % en Europe. Enfin, le FTSE 100 est largement composé de valeurs défensives : la pharmacie, le tabac, la grande distribution alimentaire et les distributeurs d'eau et d'électricité représentent plus du quart de l'indice britannique.actions moins chèresChris White, gérant actions à Threadneedle, en charge de portefeuilles d'environ 500 millions de livres (560 millions d'euros), estime aussi que la Bourse britannique est relativement épargnée par un phénomène européen : les risques de l'Europe de l'Est. « Les grandes banques européennes ont beaucoup prêté dans cette région, et le marché est inquiet que cela ne vienne les sanctionner. » Il ajoute que la dévaluation de la livre apporte un soutien inattendu à la Bourse de Londres. « Cela a augmenté les revenus des entreprises britanniques qui sont très présentes à l'international », explique-t-il. Sans compter que les investisseurs internationaux trouvent désormais les actions du FTSE 100 relativement moins chères.Cela veut-il dire que l'année 2009 se présente bien pour la FTSE 100 ? Plus un analyste n'ose afficher le moindre optimisme, tous prévoient une forte volatilité. « Les rendements absolus restent loin d'être excitants, rappelle Philip Lawlor. Dans le choix d'allocation d'actifs, la décision va encore vers l'obligataire plutôt que le marché actions. » Mais, à terme, la logique va s'inverser. « Actuellement, on parle de déflation, explique Chris White. Mais d'ici trois ans, l'inflation générée par la relance monétaire va rendre intéressants les actifs réels, notamment les actions et l'immobilier. » Tout le pari sera de ne pas manquer le virage entre les deux périodes.

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