« La poursuite du rebond va dépendre des indices d'activité »

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François Chevallier, Stratégiste de la Banque LeonardoLe fort rebond des marchés actions est-il justifié ?Les résultats des sociétés, notamment les profits des banques américaines, sont le catalyseur. Mais la vraie raison est la sous-évaluation récente des actions. Rien ne justifiait, au contraire, la baisse de près de 7 % du S&P depuis la mi-juin. Le multiple de capitalisation des bénéfices (PER) des actions américaines venait de reculer à 13, alors que, dans le même temps, le PER des obligations privées mesuré par l'inverse de leur rendement grimpait à 14,3. D'où une sous-évaluation des actions de 9,1 %. Avec la remontée des marchés, les PER ont convergé à 13,9. Ensuite, au moins aux États-Unis, le consensus remonte grâce à la révision en hausse des résultats attendus cette année et l'année prochaine. Enfin, même si les statistiques publiées en juin (ISM, Conference Board, NAHB) ont pu décevoir, elles ne remettent pas en cause le principe de la reprise technique, au pire son calendrier.L'Europe a tendance à sous-performer les États-Unis. Est-ce durable ?C'est particulièrement vrai depuis la consolidation des marchés. Le CAC sous-performe le S&P d'environ 4,5 % : il aurait dû remonter à 3.360 points. La responsabilité tient au consensus, qui est tout juste stabilisé en Europe sur douze mois glissants, alors que les analystes continuent de réviser en baisse leurs anticipations de résultats. Le coupable serait une fois de plus le retard et la timidité de la BCE par rapport à la Fed dans la baisse des taux. Sauf que cette fois on peut douter de l'efficacité de la politique monétaire à l'exception des banques, qui profitent de la repentification de la courbe des taux. En réalité, les indices de directeurs d'achat remontent en parallèle des deux côtés de l'Atlantique. Or la performance relative des places dépend étroitement du différentiel de croissance.Le rebond des actions va-t-il se poursuivre ?Globalement, la convalescence de l'économie américaine est lente et la reprise molle. Les indices de la Fed de New York et de la Fed de Philadelphie publiés cette semaine annonce un ISM pour juillet (attendu le 3 août) autour de 46,3, en hausse certes par rapport aux 44,8 de juin mais très en retrait par rapport aux scénarios observés dans ce type de choc. La faute en incombe à la lenteur du déstockage. Toutefois, aussi longtemps que la demande tient, seul le calendrier de la reprise technique est en cause, pas le principe. La poursuite du rally est conditionnée à la remontée des indices de directeurs d'achat.Propos recueillis par Christophe TricaudGlobalement, la convalescence de l'économie américaine est lente et la reprise molle.

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