Valérie Pécresse lance la revalorisation des carrières universitaires

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C'est le volet " personnels " de la loi LRU. Le grand texte voté en août 2007 relatif aux libertés et aux responsabilités des universités, doit, outre octroyer aux établissements une autonomie financière, revaloriser les carrières des enseignants-chercheurs. La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche doit annoncer ce matin un train de mesures visant, dès la rentrée 2009, à " renforcer l'attractivité de tous les métiers de l'enseignement supérieur et de la recherche ", a expliqué Valérie Pécresse dans une interview au Figaro la semaine dernière. Première mesure phare, lors de leur recrutement, les jeunes maîtres de conférences (environ 2.000 recrutements par an pour un effectif total de 37.300) verront leur cursus doctoral (les années de thèse effectuées après un mastère) et même post-doctoral (contrat à durée déterminé de six à vingt-quatre mois effectué dans un laboratoire étranger ou français) reconnus comme expérience professionnelle et donc pris en compte dans leur rémunération de départ.Celle-ci sera revalorisée de 12 % à 25 % à la rentrée prochaine, passant de 2.069 euros à 2.329 euros bruts par mois pour les maîtres de conférences recrutés juste après leur doctorat et de 2.328 euros à 2.570 ou 2.838 euros pour ceux ayant effectué des activités post-doctorales. " La prise en compte des activités doctorales et post-doctorales est une revendication de longue date, réagit Jean Fabbri, secrétaire général du Snesup-FSU, le principal syndicat enseignant du supérieur. Mais il faut que cette bonification soit rétroactive et bénéficie à tous les enseignants en poste. " Coût pour l'État : 56 millions d'euros, dont près de la moitié sont inscrits au budget 2009.DES CHAIRES MIXTES Parallèlement, pour inciter les jeunes enseignants-chercheurs (ils sont entre 2.000 et 3.000 à être recrutés chaque année pour un total de 57.000) les " plus prometteurs " à rester dans le système universitaire français plutôt que de partir à l'étranger, 130 postes de maîtres de conférences seront ouverts pour cinq ans, sur concours, au sein de chaires mixtes universités-organismes de recherche. Les élus se verront gratifiés d'une prime annuelle de 6.000 à 15.000 euros et d'un capital de 50.000 à 100.00 euros pour mener à bien leurs travaux.Pour Bertrand Monthubert, le président du collectif " Sauvons la recherche ", cette sélection prématurée dans un domaine où le long terme prime, est un " coup de poker ". Par ailleurs, pointe Jean Fabbri, tout cela se faisant à effectifs constants, ces 130 emplois universitaires seront autant de postes de recherche pure en moins pour les organismes de recherche. Au-delà, le problème de fond est celui du manque de " postes fixes ", résume Vincent Reillon, le président de la Confédération des jeunes chercheurs (CJC). Si le budget 2009-2011 prévoit 252 millions d'euros de moyens supplémentaires cumulés pour l'amélioration des carrières par rapport à la période 2006-2008, les syndicats condamnent la suppression programmée de 900 postes et allocations de recherche.

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