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Les têtes tombent au directoire de l'Écureuil

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Publié le 01 novembre 2008 à 00:28 - Mis à jour le 01 novembre 2008 à 00:28

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L'Élysée l'exigeait. Le conseil de surveillancede l'Écureuil s'estplié aux exigences duPalais.Alors que neuf mois auparavant, le conseil d'administration de la Société Générale s'était refusé à déposer la tête de son président Daniel Bouton au pied de la République. Après avoir reconnu vendredi l'"incident de marché dans l'activité dérivés actions, qui s'est traduit par une perte de l'ordre de 600 millions d'euros" révélée par La Tribune du 17 octobre, la Caisse Nationale desCaisses d'Épargne (CNCE), l'organe central du groupe Écureuil, a réuni avec une journée d'avance un conseil de surveillance extraordinaire hier après-midi. Initialement fixée à aujourd'hui, la tenue de ce conseil, précipité par le pouvoir politique sinonpar l'Élysée, devait "tirer les conséquences" de cette dramatique perte imputable à la petite équipe de gestion pour compte propre de laCNCE.Convoqué à 15 heures, le conseil de surveillance démarré avec quarante minutes de retard, et interrompu à deux reprises d'abord par un huis clos des seuls présidents de conseil d'orientation et de surveillance et du président de directoire des Caisses d'Épargne, ensuite parune suspensionde séance n'a rendu son verdict qu'en toute fin de soirée. Après d'âpres discussions, il a demandé à Charles Milhaud, Nicolas Mérindol et Julien Carmona de se démettre de leurs fonctions au directoire de la CNCE. Ils en quittent donc respectivement la présidence, la direction générale et la responsabilité des finances et des risques. Un directoire resserré autour de quatre membres avec Bernard Comolet patron de la Caisse d'Épargne d'Île-de-France en lieu et place de CharlesMilhaud et Alain Lemaire patron de la Caisse marseillaise pour succéder à Nicolas Mérindol. Le conseil de surveillance n'aura même pas pu attendre les premières conclusions de l'enquête de la Commission bancaire prévue aujourd'hui pour pouvoir apprécier les degrés de responsabilités dans cette affaire. UNE DÉCISION LOURDE DE CONSÉQUENCES POUR LE GROUPE Sa décision est lourde de conséquence pour le groupe. Confronté quinze jours auparavant à une accélération de l'histoire de sonrapprochement annoncé avec le Groupe Banque Populaire, il aura suffi que des traders de l'Écureuil prennent durant la semaine du 6 octobre des positions risquées au-delà des limites autorisées, en misant sur un rebond des marchés etunebaissede la volatilité,pourque le rapport de force entre les deux groupes au point de départ dans leurs discussions se trouve bouleversé. En effet, le CAC 40 ayant enregistré sa chute la plus forte, de 22,2%, les "risque-tout" du trading action dans la gestion pour compte propre de l'Écureuil ont en l'espace de huit séances de Bourse réussi à creuser une perte qui représente près de lamoitié du résultat des caisses régionales. Ces traders, le patron de la salle des marchés, le directeur de la trésorerie et le directeur financier du groupe bancaire "ont étémis à pied, dans l'attente demesures disciplinaires", souligne la banque. Julien Carmona, confirmé malgré tout hier à un poste de directeur exécutif en charge des finances et des risques, avait pris la décision avec son directeur général du groupe Caisse d'Épargne,NicolasMérindol, demettre définitivement unterme dès avrildernier à toute activitéde trading sur les dérivés action dans l'exercice de la gestion pour compte propre de la CNCE. Àl'époque les encoursmis en jeu par cette activité oscillaient autour de 5 à 6 milliards d'euros, selon nos informations. Cette sage décision avait été entérinée par le conseil de la CNCE deuxmois plus tard en juin. Mais elle n'a commencé à prendre effet que cet été, suivant un plan d'extinction transmis à la Commission bancaire. D'autant qu'en 2005, l'autorité de tutelle lui avait fait des remontrances sur son contrôle des risques de crédit, voiremenacé de sanctions s'il ne l'améliorait pas. Aussi l'affaire de la perte de 600 millionsde l'Écureuil reprise à launede toute la presse du week-end, y compris anglosaxonne, ne pouvait-elle pas s'arrêter là. Nicolas Sarkozy, sa ministre de l'Économie Christine Lagarde et à tour de rôle plusieursmembres du gouvernement ont mis la pression sur le conseil de surveillance pour qu'à la différence de la Société Générale au lendemain de l'affaire Kerviel, des sanctions soient prises au plus haut niveau. Le verdict est tombé. Les engagements pris par l'Élysée dans le cadre du plan de sauvetage sont saufs.

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