Sarkozy entrouvre la porte du dialogue social
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Face à la mobilisation massive de jeudi dernier, la répartition des rôles entre l'Élysée et Matignon est claire. À François Fillon, la fermeté et le soin, au soir de la journée d'action, de rappeler que beaucoup de mesures ont été prises, qu'elles « commencent à se mettre en ?uvre » et que leurs « effets vont se faire sentir ». À Nicolas Sarkozy, les signes d'ouverture. Hier, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le chef de l'État a en effet indiqué que les manifestations traduisaient « l'inquiétude des Français face à la crise mondiale ». Avant d'ajouter : « Je proposerai aux syndicats d'évaluer l'impact de toutes ces mesures avant l'été, pour voir ce que l'on peut corriger, ce que l'on doit compléter et ce qu'on peut ajouter ». En revanche, dans la droite ligne de ce qu'a affirmé hier son conseiller spécial, Henri Guaino, « on ne peut pas faire un nouveau plan de relance, un nouveau plan social à chaque fois qu'il y a une manifestation », le président de la République a exclu de prendre tout de suite de nouvelles décisions. « Il serait imprudent ou difficile de modifier quelque chose qui n'est pas en vigueur », a-t-il observé.des annonces mardiPas de précipitation donc du côté de l'exécutif, notamment pour ne pas donner le sentiment de répondre au pied levé aux revendications des syndicats, mais un geste d'ouverture en leur direction. Mardi, le chef de l'État tiendra un « meeting républicain » à Saint-Quentin (Aisne), le fief de Xavier Bertrand, le patron de l'UMP. Lors de cette réunion publique, il devrait défendre sa politique générale et revenir sur la situation économique et sociale du pays. Le gouvernement doit également annoncer très vite une série de mesures en direction des jeunes, particulièrement touchés par la crise. Les derniers chiffres de l'Insee montrent qu'au quatrième trimestre 2008, le chômage des jeunes a crû fortement en métropole (+?2,1 %), restant presque trois fois supérieur à celui des 25-49 ans, à 20,4 %, contre 7,8 %. aide au permis de conduireProposées par Laurent Wauquiez, secrétaire d'État à l'Emploi, Martin Hirsch, haut commissaire à la Jeunesse, et Yazid Sabeg, commissaire à la Diversité et à l'égalité des chances, les mesures sont soumises à l'arbitrage de l'Élysée. L'amélioration des modes de financement des dispositifs de formation en alternance (apprentissage, professionnalisation) est notamment dans les tuyaux. Tout comme l'augmentation du nombre de contrats aidés, qui n'est pas à la hauteur des attentes du gouvernement, avait rappelé le 10 mars Laurent Wauquiez, lors d'un point d'étape sur la politique de l'emploi. Des mesures plus « pratiques » sont également à l'étude, comme l'aide au financement du permis de conduire, souvent indispensable aux jeunes pour décrocher un travail. Isabelle Moreau
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