Pepsi révolutionne son modèle de distribution

Indra Nooyi n'a pas fini de faire la révolution chez PepsiCo. La patronne du numéro deux mondial de l'agroalimentaire (derrière Nestlé) avait multiplié les acquisitions de jus de fruits, eaux vitaminées et autres snacks, pour diversifier son portefeuille et moins dépendre des soft drinks, en perte de vitesse un peu partout dans le monde. Elle s'attaque aujourd'hui à son système de production et de distribution aux États-Unis en proposant de racheter, pour 6 milliards de dollars (4,6 milliards d'euros), les parts que PepsiCo ne possède pas encore dans ses deux principales filiales d'embouteillage : Pepsi Bottling Group et PepsiAmericas.Cette opération, la plus ambitieuse du groupe depuis longtemps, permettrait à PepsiCo de prendre le contrôle direct de 80 % de sa distribution de boissons en Amérique du Nord, remettant totalement en cause le système qui lui avait permis jusqu'ici de se développer rapidement sans mobiliser trop de cash. À terme, le groupe pourrait réaliser 200 millions de dollars par an d'économies et un gain de 15 cents par action. « Nous devons totalement réorganiser notre business model américain car tous les aspects du marché ont chang頻, déclarait hier Indra Nooyi lors d'une conférence de presse. L'Indienne, aux manettes depuis octobre 2006, a indiqué que la distribution s'était très fortement concentrée, ce qui nécessitait, en face, de lui parler d'une seule voix forte. Elle a aussi rappelé que la croissance provenait désormais des marques comme Tropicana, Gatorade ou Naked Juice, qui ont chacune des circuits de distribution très différents outre-Atlantique. « Nous aurons ainsi une plus grande flexibilité pour choisir le réseau de distribution le mieux adapté à chaque marque », a-t-elle précisé.synergies renforcéesAu global, le nouvel ensemble pourrait surtout permettre de renforcer les synergies entre les deux pôles historiques de l'entreprise, les boissons d'un côté, et les produits de snacks, rangés sous la bannière FritoLay, de l'autre. Une synergie déjà très forte en France, pays pionnier de la distribution par une même force de vente de tous les produits du groupe, que ce soit en grande surface ou en hors domicile (voir ci-dessous).L'opération est déjà saluée par les observateurs extérieurs. « C'est un excellent choix qui va leur donner bien plus de contrôle sur l'ensemble de leur chaîne logistique », souligne John Sicher, éditeur de la revue spécialisée « Beverage Digest ». Elle intervient alors que le groupe veut économiser 1,2 milliard de dollars sur les trois prochaines années, notamment en fermant six usines (3.300 postes) dans le monde. Elle montre enfin que, même en pleine récession, les entreprises disposent de suffisamment de liquidités pour poursuivre leurs ambitions. Dans le détail, PepsiCo propose 29,50 dollars par action pour Pepsi Bottling Group, dont elle détient déjà 33,1 %, et 23,27 dollars pour PepsiAmericas, dont elle détient 43,2 %. Le groupe a aussi annoncé avoir dégagé au premier trimestre un bénéfice net en recul de 1,1 % à 1,14 milliard de dollars, mais meilleur qu'anticipé par le marché. Ses ventes mondiales ont dans le même temps reculé de 1 %, à 8,26 milliards, à cause notamment du renchérissement du dollar. Le titre, lui, chutait hier de 4,14 % à mi-séance.

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