Les valeurs pharmaceutiques laissées pour compte en Bourse

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il ne suffit pas de montrer des signes de relative bonne santé pour s'attirer les faveurs des investisseurs. En l'occurrence, l'avance cumulée par l'industrie pharmaceutique sur les principaux indices boursiers en 2008 se réduit au fil des mois. Plus précisément, le rebond des marchés actions, amorcé il y a un peu plus d'un mois, n'a que très peu profité aux acteurs du secteur. Depuis début mars, l'indice Bloomberg World Pharmaceutical accuse ainsi un retard de près de 15 points par rapport au S&P 500. L'écart atteint environ 7 points sur l'année.Pourtant, comme le souligne Sylvain Goyon, analyste chez Natixis Securities, les publications de résultats des grands laboratoires se sont révélées globalement en ligne avec les attentes du consensus. Comment dès lors expliquer une telle désaffection ? Un premier élément de réponse se situe dans le retour des investisseurs sur des classes d'actifs plus risqués, au premier rang desquels on retrouve principalement le compartiment financier et les valeurs industrielles cycliques. À cela s'ajoute un contexte politico-économique défavorable. « En Europe les plans de relance sont de nature à creuser les déficits et ne militent donc pas en faveur d'une amélioration de la prise en charge des dépenses sant頻, glisse Sylvain Goyon. Et d'ajouter « aux États-Unis la perspective des réformes du système de santé souhaitée par l'administration Obama constitue un point négatif pour l'évolution de la marge du secteur ».zones d'ombresRésultats des courses : les niveaux de PER du secteur, qui atteignent aujourd'hui 9,5 fois les bénéfices attendus par les équipes de Natixis pour 2010, ont été divisés par deux depuis les années 2000. Encore faut-il trouver des raisons qui justifieraient une revalorisation boursière à court, voire moyen terme. Or, pour le moment, les zones d'ombres semblent plus nombreuses que les arguments d'investissements. Car si les fondamentaux des groupes pharmaceutiques demeurent solides, la visibilité sur l'évolution de leur activité est obérée par la multiplication des challenges génériques. Toutefois, selon Sylvain Goyon, « un changement d'attitude de la FDA sur l'approbation de nouveaux produits pourrait constituer un catalyseur ». L'expert note que « les derniers comités consultatifs ont dans l'ensemble débouché sur des recommandations d'enregistrement ». Lui laissant penser que la récente nomination de nouveaux responsables à la tête des autorités sanitaires « offre un espoir de consolidation de cette tendance ». Fabio Marquetty

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