Avec Stiefel, GSK en finit avec les grandes fusions

Avec l'acquisition de Stiefel, c'est une nouvelle page de l'histoire de GSK qui s'ouvre. Le britannique a annoncé hier le rachat de ce groupe spécialisé dans les produits dermatologiques (acné, etc.), partiellement détenu par le fonds d'investissement Blackstone. GSK déboursera jusqu'à 3,6 milliards de dollars pour mettre la main sur un groupe qui correspond à la stratégie de « croissance globale et diversifiée » prônée par son patron, Andrew Witty. En effet, si l'opération n'est pas de taille modeste, elle ne représente « que » la moitié de la génération annuelle de liquidités du groupe (6,8 milliards de dollars l'an dernier). On est donc loin des mégafusions à plusieurs milliards de dollars lancées par les laboratoires américains ces derniers mois. Et tout aussi éloigné des opérations qui ont façonné le profil actuel du laboratoire britannique ? rapprochement de Glaxo et Wellcome en 1995 puis fusion avec Smith-Kline en 2000.importante notoriét髠Cette opération permet à GSK de se renforcer sur un marché de spécialité qui croît plus vite que le marché pharmaceutique global », note un expert. Pour autant, il ne s'agit pas d'une diversification hors de la pharmacie traditionnelle, puisque Stiefel réalise la majorité de ses 900 millions de dollars de chiffre d'affaires avec des produits sur ordonnance. « Mais la marque Stiefel, âgée de 160 ans, jouit d'une importante notoriété aux États-Unis et le groupe possède des positions fortes dans le traitement du psoriasis ou du lupus », explique Claude Allary, du cabinet de conseil Bionest. Le nouvel ensemble réalisera 1,5 milliard de dollars dans le domaine de la dermatologie, soit 8 % de parts de marché, ont indiqué les dirigeants de GSK.Stiefel, dont les dirigeants avaient annoncé il y a un mois qu'ils étudieraient d'éventuelles offres de rachat, avait, selon la presse américaine, été approché par des candidats aussi divers que Johnson & Johnsonnson, Novartis et Sanofi-Aventis.Comme ce dernier, GSK semble donc privilégier une « stratégie des petits pas » pour faire évoluer en douceur son portefeuille de produits. Et comme son concurrent français ? dont le directeur général, Chris Viehbacher, est justement un ancien collaborateur? ?, Andrew Witty mise sur le domaine des « vaccins, biotechs et de la santé grand public » pour enrichir ses activités. « Aujourd'hui, la fonction d'un patron de laboratoire pharmaceutique se rapproche de celle d'un gestionnaire de portefeuille : il lui faut trouver un équilibre entre les domaines à forte rentabilité mais risqués et ceux où le retour sur investissement est moindre mais l'issue plus certaine », résume Sylvain Goyon, chez Natixis. A. T.

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