L'Arabie Saoudite résiste

« Nous sommes l'un des rares pays au monde qui ne va pas connaître de récession cette année », s'enorgueillissait Abdallah Zeinal Ali Reza, le ministre du Commerce et de l'Industrie d'Arabie Saoudite, lors d'une récente visite dans le royaume de Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères et européennes. De fait, la croissance du PIB, à 4 % en 2008, devrait rester positive cette année, toutefois avec un maigre 0,9 %. Ce n'est évidemment pas le secteur pétrolier, qui correspond à 56 % du PIB, qui tirera l'activité. La manne pétrolière a fondu, du fait de la baisse des prix sur le marché mondial et de la réduction de la production saoudienne depuis septembre dernier, dans le but de soutenir les cours. « Les secteurs non pétroliers, en croissance de 4,3 % en 2008, devraient encore progresser de 3 % en 2009 et préserver l'activité dans le royaume », explique John Sfakianakis, chef économiste à la banque Sabb, à Riyad. Mais, il n'empêche : « L'économie tourne clairement au ralenti, et la confiance des entrepreneurs s'érode », poursuit ce spécialiste. Fait nouveau, les entreprises, dans les secteurs pétrolier ou bancaire, qui ont déjà cessé d'embaucher, commencent aujourd'hui à licencier. Et pas n'importe qui : ce sont des Saoudiens qui perdent désormais leur emploi. Au point que les tribunaux, qui soutiennent les salariés nationaux, s'en sont émus? Malgré l'inévitable ralentissement, les Saoudiens se félicitent d'avoir des banques saines. À l'image du royaume, elles ont été conservatrices dans leur gestion et n'ont pas pris d'actifs devenus toxiques, par exemple. De même, alors que des pays voisins comme Dubaï ploient aujourd'hui sous la crise immobilière, en raison d'une spéculation effrénée, le secteur de la construction, en Arabie Saoudite, reste bien orienté. Le royaume cherche aussi à faire prospérer d'autres industries, comme l'automobile. « Nous souhaiterions que Renault, par exemple, rejoigne notre futur cluster », précise à cet égard le ministre du Commerce et de l'Industrie. Reste que pour l'instant, les Saoudiens préfèrent encore les voitures américaines ou japonaises. Même si elles consomment plus, elles bénéficient d'une image plus luxueuse et d'un marché de l'occasion plus vigoureux, dans un pays où l'essence ne coûte que 10 à 15 centimes d'euro le litre, contre 1 euro pour un litre d'eau d'Évian?Lysiane J. Baudu, à Riyad

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