Les grandes banques espagnoles poussent leurs pions aux États-Unis

 |  | 492 mots
Lecture 2 min.
AcquisitionLes géants de la finance espagnole poursuivent leur offensive aux États-Unis. Cette fois, il s'agit du numéro deux national, BBVA (Banco Bilbao Vizcaya Argentaria)?: selon une information du « Wall Street Journal » que confirmaient hier des sources bancaires à Madrid, la banque est sur le point de se voir attribuer par la FDIC, le régulateur bancaire américain, Guaranty Financial Group, une institution riche de quelque 16 milliards de dollars d'actifs et 150 succursales située au Texas. La FDIC, qui gère actuellement le groupe suite à ses graves difficultés financières, devrait confirmer l'opération à la fin de cette semaine.ratisser largeIl s'agit là d'une nouvelle étape dans la stratégie menée outre-Atlantique par le BBVA. Depuis 2004, le groupe a acquis pour quelque 14 milliards de dollars quatre entités financières américaines de taille moyenne avec une caractéristique commune?: elles sont situées dans la zone frontalière avec le Mexique et comptent une importante population hispanophone qui constitue la cible initiale des Espagnols. Depuis l'acquisition de la quatrième d'entre elles, Compass, en 2007, le groupe hispanique a toutefois décidé de ratisser plus large?: il veut se convertir en acteur global dans une zone qui constitue la prolongation géographique de son grand pari latino-américain, le Mexique, un pays qui a assuré à lui seul, au premier semestre, 25,9 % du bénéfice total du groupe. Le BBVA est notamment devenu leader en matière de transferts de fonds entre les deux pays riverains du Rio Grande, qui atteignent quelque 15 milliards de dollars à l'année. Certes, le poids des filiales américaines du géant espagnol reste modeste?: elles n'ont généré au premier semestre que 3 % du bénéfice total du groupe et 6,7 % de son résultat d'exploitation. En outre, BBVA doit procéder à un grand effort pour améliorer leur gestion?: la rentabilité de leurs fonds propres (ROE) n'est encore que de 6,9 %, face aux 21,5 % de l'ensemble du groupe. Mais les dirigeants du Banco Bilbao Vizcaya considèrent que cette politique géographiquement ciblée, dans une région où la concurrence reste modérée, leur permet de jouer un rôle significatif en partant d'un investissement de base modeste. concurrence acharnéeUne stratégie très différente de celle de leur grand rival, Banco Santander. Le numéro un de la finance espagnol a, lui, concentré ses attentions sur une institution financière située dans l'une des zones les plus bancarisées du pays, où règne une concurrence acharnée?: Sovereign Bancorp, dont le siège se situe à Philadelphie, en Pennsylvanie. Un groupe dans lequel les Espagnols sont progressivement montés en puissance depuis 2005, avant d'en prendre le contrôle total en janvier dernier pour 1,9 milliard de dollars. Le Santander considère que Sovereign bénéficie d'un grand potentiel d'amélioration dans sa gestion. Mais en attendant, cette banque a perdu 35 millions de dollars au premier semestre.Thierry Maliniak, à Madrid

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :