Le pari asiatique du port de Vancouver prend l'eau

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Keith Reid ne connaît pas la crise. Les huîtres, charnues et savoureuses, qu'il « cultive » près de Vancouver, dans le décor somptueux des montagnes au bord de l'océan, sont toujours aussi prisées en Californie. D'autres n'ont pas cette chance en Colombie-Britannique. La province est cernée?: au nord, l'Alaska et la chute des prix du pétrole, au sud, les États-Unis et leur débâcle immobilière, qui prive le bois de la région de débouchés?; à l'est, l'Alberta, avec le même problème que l'Alaska question pétrole. Reste l'ouest, le Pacifique, et au-delà, la Chine. C'est sur l'Asie qu'a misé depuis plusieurs années l'économie de la province. Avec un argument de poids pour les transporteurs?: le port de Vancouver est plus proche du continent asiatique que ceux de la Californie. Trois jours de voyage en moins, cela compte. Mais c'était avant la crise économique mondiale, quand les échanges commerciaux dopaient les activités de la région et nourrissaient toute une gamme d'entreprises dans le sillage des échanges. Depuis quelques mois, la stratégie de la province canadienne prend l'eau. Les volumes d'importations totaux sont passés, en valeur, de 2,7 milliards de dollars canadiens en novembre dernier à 2,3 milliards en janvier 2009.Les exportations subissent encore plus le manque de demande mondiale?: au lieu des 2,6 milliards de novembre 2008, la valeur n'atteignait pas plus de 1,9 milliard en janvier dernier. Même chose pour l'activité vis-à-vis de la Chine?: les produits en provenance de l'ex-empire du Milieu ne représentaient plus que 812 millions de dollars canadiens en janvier dernier, contre près de 970 millions deux mois auparavant. Et face à une demande en baisse de la part des Chinois, les exportations nord-américaines sont, elles aussi, en berne. Il va donc falloir tenir et attendre que la crise se dissipe. marge de man?uvreMoins riche en hydrocarbures que l'Alaska voisin, la Colombie-Britannique en possède toutefois. « Les prix élevés jusqu'à l'été dernier nous ont permis d'engranger un excédent budgétaire de 1 milliard de dollars canadiens, relève ainsi Ron Cantelon, le ministre de l'Agriculture de la Colombie-Britannique. Même si cette somme doit être dépensée sur une période de huit ans, cela nous donne une marge de man?uvre pour stimuler l'économie. » Comme ailleurs en Amérique du Nord, le plan de relance, déjà en place, est fondé sur l'investissement dans les infrastructures. « Mais de façon plus générale, pour notre avenir, nous misons sur des secteurs aussi divers que l'énergie renouvelable, les biotech ? et le commerce avec l'Asie », ajoute-t-il. L'Asie, toujours? Lysiane J. Baudu, à Vancouve

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