Sarkozy veut des candidats médiatiques aux européennes

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Il n'y a aucune stratégie d'influence à Bruxelles, ni de la part de l'UMP ni d'aucun autre parti », déplore un eurodéputé français. La tension est palpable dans les couloirs du Parlement européen, à la veille de l'arbitrage de Nicolas Sarkozy sur les huit têtes de listes du parti majoritaire pour les élections européennes de juin. Le chef de l'État lancera la campagne de l'UMP demain lors d'un conseil national réuni à la Mutualité à Paris. Nicolas Sarkozy prend le pari ? pas trop risqué ? que l'UMP fera mieux qu'en 2004, où elle avait stagné dans les basses eaux, avec 16,6 % des voix et 17 eurodéputés. « Maintenant, le Parlement européen a un rôle beaucoup plus important », explique l'élu. Le président français l'a compris mais, pour élaborer les listes, « il doit tenir compte des subtilités du mode de scrutin, de la parité homme-femme, il doit faire un mélange de nouveaux et d'expérimentés, placer des têtes connues dans une élection qui n'intéresse pas grand monde, et bien entendu il faut de la compétence », explique un responsable de l'UMP. « Tous les eurodéputés UMP sortants ont été entendus par une commission d'investiture mais aucun d'entre nous n'a été interrogé sur ce qu'il a fait pendant cinq ans ! » s'étonne l'un d'entre eux. Les députés européens ne sont « pas élus par les citoyens mais nommés par des chefs de parti comme on nomme des lords au Royaume-Uni ! » ironise-t-il. En France, ceux qui rêvent d'une carrière politique nationale voient le Parlement européen comme un exil. Une eurodéputée explique que jusqu'ici la stratégie de Nicolas Sarkozy a consisté « à mettre de grandes cravaches qui apporteraient des voix ». « Mais l'opération a complètement raté, ajoute-t-elle. Rama Yade et Rachida Dati ont refusé. Le problème, c'est qu'en le faisant ouvertement elles ont discrédité l'institution. » Le nom de la ministre de la Justice continue toutefois de circuler comme possible candidate en Île-de-France.sortir de la criseLes milieux européens s'étonnent de la possible mise à l'écart de certains des meilleurs éléments français comme Jacques Toubon ou Alain Lamassoure. L'ancien ministre de la Culture, chiraquien, a notamment contribué à la réécriture de la directive Bolkenstein. L'ancien ministre des Affaires européennes a quant à lui inspiré le recours à un « mini-trait頻 pour sortir de la crise institutionnelle. Alain Lamassoure n'est « ni un sarkozyste historique, ni une femme, ni une minorité visible, ni un vrai traître car il a abandonné Bayrou trop tôt. S'il avait continué à cracher sur Sarkozy, aujourd'hui il serait ministre ! », ironise l'un de ses collègues.En annonçant son intention de ne plus siéger au Parlement européen, Nicole Fontaine a dit « rêver » que l'influence devienne « le critère de choix des personnalités qui seront désignées » pour le scrutin. Même préoccupation du côté du Club des représentants des grandes entreprises françaises à Bruxelles. Ces industriels ont écrit aux responsables des partis politiques hexagonaux pour exprimer leur souhait de voir arriver « des gens compétents, avec une crédibilité internationale, mais surtout des élus disponibles et ayant envie de travailler », comme l'explique Jean-Louis Piette, directeur des affaires européennes de Lagardère. Les Allemands, les Britanniques et les Espagnols ont une véritable stratégie de ressources humaines. « Les Allemands composent leurs listes de façon à avoir des spécialistes sur tous les dossiers importants pour eux », explique un élu français. « La France est de retour en Europe », avait proclamé Nicolas Sarkozy. Mais l'inverse n'est pas forcément vrai.

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