Crédit à la consommation  : le projet s'améliore mais déçoit encore

Le projet de réforme du crédit à la consommation promet de faire l'objet de débats passionnés lorsqu'il sera examiné par le Parlement en juin. Présenté hier en Conseil des ministres, le texte comporte peu de nouveautés par rapport à la première mouture présentée en mars. D'où une certaine déception du côté des associations de consommateurs et de certains parlementaires, même si tous reconnaissent que le projet de loi va dans le bon sens. Ainsi, l'UFC-Que choisir admet que le projet de loi « n'est pas une coquille vide » mais, pour l'association, il « rate sa cible », car il ne met pas « un terme à la distribution irresponsable du crédit revolving ». « Pour que l'information soit utile, encore faut-il que le consommateur ait le choix de son crédit ! Or, avec ce projet de loi, ce ne sera pas le cas », estime Cédric Musso, directeur adjoint des études et de la communication chez UFC-Que choisir. En fait, le projet de loi prévoit une meilleure information du consommateur sur les cartes de fidélité, qui sont à la fois des cartes de crédit, mais il n'oblige nullement les enseignes à dissocier ces deux types de service. « Avant, le consommateur était équipé d'un crédit renouvelable à son insu et malgré lui. Il continuera à l'être malgré lui », résume Cédric Musso. En mars, Martin Hirsch lui-même s'était dit favorable à ce que la délivrance d'une réserve d'argent n'aille plus de pair avec l'obtention d'une carte de fidélité.pas de « fichier positif »Autre sujet de déception : le projet de loi ne prévoit pas la création d'un fichier positif, qui intégrerait tous les crédits souscrits par les particuliers pour éviter le surendettement. Les parlementaires PS et centristes ne manqueront pas de déposer des amendements dans ce sens. Optimiste, le sénateur Philippe Marini a déclaré que le texte allait « certainement être amélioré lors de son passage devant le Parlement ».« Deux autres sujets doivent encore être traités : celui du taux d'usure et la nécessité de s'intéresser aux problèmes d'endettement des ménages en amont, c'est-à-dire avant le stade de surendettement », signale enfin Pierre Blanc, associé du cabinet Athling Management, tout en se félicitant de l'élargissement du débat sur les taux pratiqués par les établissements de crédit aux découverts bancaires, dont les taux sont aujourd'hui proches de ceux des crédits renouvelables.

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