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Guido Westerwelle veut porter le FDP au gouvernement

La Tribune

Publié le 04 juin 2009 à 23:37 - Mis à jour le 04 juin 2009 à 23:37

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Guido Westerwelle a assez attendu. Cette fois, le chef depuis huit ans du parti libéral allemand, le FDP, veut gouverner. Il l'a rappelé lors du dernier congrès du FDP : après les élections du 27 septembre prochain, sa formation devra participer à la direction des affaires du pays, après pas moins de onze ans d'abstinence. Rejeté dans l'opposition en 1998 et 2002 par l'alliance entre Verts et sociaux-démocrates, puis en 2005 par la grande coalition, le FDP trépigne d'impatience et particulièrement Guido Westerwelle, qui ne cache pas sa volonté de s'installer au ministère des Affaires étrangères, poste réservé de 1969 à 1998 aux ténors libéraux.Pour le moment, tout semble sourire à cet homme de 48 ans. Après des débuts difficiles, marqués par quelques extravagances qui lui valurent des sourires moqueurs (un tour d'Allemagne en « Guidomobile », une visite dans le « Loft » de la téléréalité), il tient désormais son parti dans une main de fer. En 2003, il recueillait moins de 80 % des voix lors du congrès du parti. Le week-end dernier, il a été réélu président avec 95,87 % des voix ! Guido Westerwelle a repris le positionnement du FDP comme « parti de l'économie ». Et, exception allemande oblige, le discours paie. En pleine crise, avec des slogans comme « des marchés ouverts et une concurrence juste », le FDP attire les déçus de la grande coalition et snobe la gauche de la gauche. Les sondages lui accordent aujourd'hui de 13 % à 14 % des intentions de vote, ce qui serait un record.doutes sur la coalitionGuido Westerwelle a donc toutes les cartes en main pour gouverner. Mais il veut tout prévoir et se rendre indispensable. Aussi laisse-t-il planer quelques doutes sur la coalition qu'il souhaite former. Certes, sa préférence va toujours à l'alliance « bourgeoise » avec la CDU et la CSU d'Angela Merkel, qui lie tacitement les partis de droite depuis 1982. Mais il refuse de devenir un simple supplétif parlementaire, comme au temps d'Helmut Kohl. Il pose ses conditions : la chancelière devra accepter sa réforme fiscale et ses 35 milliards d'euros de réductions d'impôts. Difficile à avaler, alors que le prochain gouvernement devra composer avec 316 milliards d'euros de recettes fiscales en moins. Alors Guido Westerwelle met encore la pression : il ne conclura pas d'alliance définitive avant le 20 septembre, une semaine avant les élections. Histoire de se faire encore craindre et de voir comment évoluera la situation politique. Car dans le système politique allemand à 5 partis, les majorités sont incertaines. Du coup, beaucoup estiment que cette prudence est une porte ouverte à une alliance avec le SPD et les verts. Une coalition « feu tricolore » qui est jugée aujourd'hui « irréaliste » par le leader libéral, mais il n'aura pas le choix si l'alliance avec les conservateurs n'a pas de majorité. Car s'il ne s'installe pas en septembre Werderscher Markt, Guido Westerwelle sait qu'il en sera fini de sa carrière politique. Il doit donc ménager l'avenir. Au risque que ses électeurs potentiels n'y voient que man?uvres et ne le laissent encore à la porte du ministère. n

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