Au sommet de Khabarovsk, Moscou bat froid l'Europe

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tenariatAu cours du sommet de Khabarovsk, qui s'est achevé hier, la Russie et l'Union européenne n'ont pu que constater leurs divergences, en particulier sur deux sujets clés : la récente initiative diplomatique de l'Europe en direction des anciennes républiques soviétiques et l'énergie. Aucun progrès n'a en effet été enregistré sur le gaz, un enjeu pourtant majeur entre Moscou et Bruxelles. Le président russe, Dmitri Medvedev, a ainsi déclaré n'avoir « pas l'intention » d'adopter la Charte européenne de l'énergie, en dépit des insistances européennes. Pourtant, les tensions répétées l'hiver dernier sur les livraisons de gaz à l'Europe à travers l'Ukraine avaient mis en lumière la nécessité d'un compromis entre Bruxelles et Moscou. Car, entre les deux capitales, la dépendance est réciproque. Plus d'un quart du gaz consommé en Europe vient de Russie, Gazprom réalisant la plus large partie de son profit sur les exportations vers l'Europe. Mais Moscou ne veut pas d'une charte destinée à briser le monopole de Gazprom sur les exportations gazières russes tandis que les Européens sont las de subir les conséquences des aléas diplomatiques entre Kiev et Moscou. À défaut de solution, le président russe a mis en garde ses interlocuteurs contre une nouvelle guerre du gaz avec l'Ukraine.L'autre sujet de contentieux concerne le partenariat oriental proposé par l'Union européenne à six anciennes républiques de l'URSS. Moscou voit dans cette initiative une volonté d'empiéter sur sa « zone d'influence ». « Nous ne voulons pas que le partenariat oriental se transforme en pacte contre la Russie », a lancé le président russe. enlisementAutant dire que la rencontre de Khabarovsk n'aura guère été utile. « Nous n'en attendions rien », admet un diplomate européen en poste à Moscou. « Les Russes n'espéraient rien non plus de ce sommet ni d'ailleurs de celui qui se déroulera sous la présidence suédoise. Tout le monde attend la présidence espagnole pour que les négociations avancent. » Soit au plus tôt dans un an. Un constat d'enlisement partagé par Christopher Weafer, stratège chez UralSib à Moscou. « Les nouveaux accords de partenariat et de coopération stratégiques paraissent plus éloignés que jamais. »Emmanuel Grynszpan, à Moscou

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