Alcatel-Lucent espère bénéficier du plan de Barack Obama

La Manche, département modèle pour l'administration de Barack Obama. Le 16 juillet prochain, un colloque est organisé à Washington, la capitale américaine, pour expliquer comment le département français est devenu, grâce au financement public, la référence en matière d'accès au très haut débit à Internet. Le tout en exacerbant la concurrence entre opérateurs. « L'administration Obama est très intéressée par le modèle ouvert français pour l'usage des fonds publics dans le développement des télécoms », indique Gabrielle Gauthey, directrice des relations institutionnelles chez Alcatel-Lucent, à l'origine du colloque de Washington.Depuis son arrivée à ce poste en décembre dernier, après six années passées au collège de l'Autorité de régulation des télécoms en France (Arcep), Gabrielle Gauthey accumule les demandes de ce genre. Plusieurs autres gouvernements étrangers regardent ainsi de près le modèle français, comme la Pologne, l'Italie, la Grèce et même la Grande-Bretagne, le pays du libéralisme. Car, avec la crise, les plans de relance se sont multipliés à travers le monde et comportent pour la plupart un volet numérique [voir infographie]. « La France est reconnue pour son expertise dans l'utilisation de l'argent public dans les télécoms sans distordre la concurrence. La Caisse des dépôts a lancé son premier fonds pour développer les réseaux à haut débit il y a dix ans », explique Gabrielle Gauthey. Le fonds était d'ailleurs placé sous sa responsabilité.Les partenariats publics-privés français dans le numérique, où l'investissement est impulsé par la collectivité, le réseau déployé par un groupe spécialisé dans les infrastructures, et les services opérés par un groupe de télécoms devraient ainsi faire école à l'étranger. « C'est cette philosophie qui intéresse aujourd'hui les États. Ils ne veulent pas que l'argent public destiné à développer les réseaux serve à accroître ou restaurer la domination d'un opérateur. Le modèle ouvert doit permettre de stimuler la concurrence », indique Gabrielle Gauthey, dont les relations avec les régulateurs télécoms étrangers sont l'un des atouts.stratégie commercialeDerrière cette démarche pédagogique se cache évidemment une stratégie commerciale. Les fonds consacrés par les différents États pour moderniser les réseaux dépassent les 30 milliards d'euros, soit presque autant que ce que consacrera la Chine pour déployer ces trois réseaux de téléphonie mobile de troisième génération. « En plus de vendre des équipements, nous pouvons proposer aux États ou aux collectivités qui portent ces projets de gérer leurs réseaux une fois que ceux-ci seront opérationnels », reconnaît Gabrielle Gauthey.Le plan de relance de l'économie américaine comporte d'autres volets qui devraient tirer eux aussi les investissements dans les technologies de télécommunications. Plus de 4 milliards de dollars seront ainsi consacrés à la modernisation du réseau électrique. Dans les transports collectifs, ce sont près de 29 milliards de dollars qui seront dépensés pour améliorer les communications. Idem dans la santé. Autant de domaines dans lesquels Alcatel-Lucent a développé des solutions de télécommunications adaptées.L'équipementier en télécoms franco-américain espère donc bien récolter une partie des milliards d'euros dépensés à travers le monde alors que l'investissement de ses principaux clients, les opérateurs privés, tend à ralentir depuis quelques mois. « Aux États-Unis, les premiers fonds devraient être débloqués cet automne », espère Gabrielle Gauthey. Les premiers effets éventuels de ces différents plans de relance sur le compte de résultats d'Alcatel-Lucent ne devraient donc pas se faire sentir avant l'an prochain.
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