New York et Londres touchées par l'affaire Madoff

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chronique des tauxLes épargnants ne vérifient pas à qui ils confient leur épargne, ce qui est normal car ce n'est pas leur métier de tout vérifier. Ils font confiance à tout l'appareil de contrôle : les commissaires aux comptes, les agences de notation et les autorités de surveillance. Malheureusement, après l'affaire Enron, qui a montré la défaillance des commissaires aux comptes, la crise des subprimes et des produits structurés qui a montré celle des agences de notation, l'affaire Madoff montre la défaillance des autorités de surveillance, notamment la SEC américaine qui a laissé M. Madoff proposer au public des produits d'épargne frelatés. La confiance est bien entamée sur l'immense secteur de la gestion collective de l'épargne. Il faut donc s'attendre à un changement d'attitude des épargnants. Ils voudront des produits plus simples et des stratégies de placement plus transparentes. Il y aura encore une place pour la gestion collective, mais elle sera moins élaborée et moins rémunératrice. Les hedge funds et autres fonds alternatifs sont probablement hors-jeu pour longtemps. Ce sont les places de Londres et de New York qui seront les plus touchées, car c'est là que se trouvent les « usines » de produits compliqués. Les places financières qui collectent l'épargne, comme la Suisse et le Luxembourg, continueront leur activité, même si elle sera moins rentable. L'Angleterre et les États-Unis sont dans la situation la plus délicate, car ces pays ont sacrifié leur industrie au profit du secteur financier, et dans le secteur financier, ils ont privilégié la finance de marché à la collecte de l'épargne. Il leur faut renforcer la solidité des banques et recréer la confiance dans les organismes de contrôle, c'est-à-dire refonder tout leur secteur financier, au moment même où la crise économique oblige à employer les ressources financières à aider le reste de l'économie, où les budgets sont très déficitaires, où les balances commerciales sont toujours aussi déséquilibrées et où le dollar et la livre sterling sont attaqués sur le marché des changes. L'affaire Madoff arrive pour eux au plus mauvais moment. nParMaurice de Boisséson (Octo Finances).++BSD ++BaliseNePasSupprimer NePas supprimer++BSF ++

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