La sécurité, point noir des sociétés

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Le week-end dernier, huit visiteurs occidentaux achevaient un voyage touristique en Irak. Ces aventuriers avaient-ils la fibre kamikaze ? Les officiels irakiens sont formels : six ans après l'invasion du pays par les troupes américaines, et trois mois après le retour de la souveraineté nationale, la sécurité en Irak est en nette amélioration.En atteste la baisse du nombre de victimes civiles : si le bilan des violences au cours des deux premiers mois fait encore état de 449 morts, il n'a rien à voir avec celui de l'an dernier (6.722 morts) ou de 2007 (17.430 morts). Un argument mis en avant pour faire revenir les investisseurs étrangers. « À Bagdad, il est désormais possible de travailler, explique un Français. Les sociétés étrangères peuvent ouvrir des bureaux dans des hôtels ou louer des villas sécurisées. » C'est donc « faisable », reconnaît ce spécialiste, à condition « d'entourer la villa d'une, voire deux rangées de remparts en béton, de se déplacer en voiture blindée, et en cortège ».bombes à retardementDe quoi faire hésiter les entreprises étrangères qui, pour la plupart, continuent à suivre le marché irakien à partir d'Amman, d'Abu Dhabi, de Dubaï ou de Beyrouth. « Même si la situation reste dangereuse, commente le directeur Moyen-Orient d'un groupe français. Nous voulons bien livrer des équipements à l'Irak, mais il n'est pas possible de se rendre sur place pour les installer. » C'est aussi l'analyse de Nathalie Fustier, spécialiste du Proche-Orient à la Compagnie européenne d'intelligence stratégique. « Certes, les élections de janvier se sont bien déroulées, mais il reste toujours des problèmes de fond non résolus, comme le partage des profits du pétrole, la question du contrôle de Kirkouk, où se trouve une partie des réserves de pétrole du pays, celle de la délimitation du Kurdistan. » Autant de bombes à retardement, qui pourraient se rallumer lors du retrait des troupes américaines. e. c.

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