Sarkozy en apôtre du volontarisme industriel

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Après le traitement de la crise financière, celui de la crise économique à venir. Le public qui avait attendu près de deux heures dans le froid Nicolas Sarkozy à Argonay, près d'Annecy (Haute-Savoie) n'aura pas été déçu. Le chef de l'État est d'abord venu avec des annonces qui sont allées droit au coeur d'une foule où figuraient nombre de chefs d'entreprises. C'est ainsi que Nicolas Sarkozy a annoncé que les investissements réalisés entre le 23 octobre 2009 et le 31 décembre 2010 seraient " totalement et définitivement exonérés de taxe professionnelle ". Une véritable réforme de la TP prendra le relais de ces dispositions après les travaux de la commission Balladur sur l'organisation territoriale. Mais la grande annonce de ce discours a été la création avant la fin de l'année d'un fonds stratégique d'investissement " qui sera un puissant levier de politique industrielle ". " Ce que font les pays pétroliers, ce que font les Chinois, ce que font les Russes, il n'y aucune raison que la France ne le fasse pas. " L'Élysée nuance, affirmant que ce fonds aura plus une vision stratégique, de défense de l'industrie, que patrimoniale, comme les fonds des Émirats.Pour Nicolas Sarkozy, ce fonds qui empruntera sur les marchés, devra agir en investisseur avisé et devra agir en fonction des intérêts nationaux. Au passage, le chef de l'État s'est livré à une attaque en règle des hedge funds. Une sortie très bien accueillie dans la salle. Nombre d'entreprises de la région sont passées dans les années 2000 sous le contrôle de fonds américains... Nicolas Sarkozy incite les autres pays d'Europe à se doter de tels fonds nationaux, afin que l'Europe se remette " à agir dans l'économie mondiale au lieu de toujours subir " ou d'être "naïve", en refusant des pratiques que s'autorisent les États-Unis par exemple... Car dans un discours de neuf pages, il a célébré le retour du politique comme un " fait majeur qui émerge de cette crise ", et ce n'est en rien un hasard si l'un des mots les plus fréquemment cité par le chef de l'État est celui de " volontarisme ". Autre mot scandé, celui d'investissement : l'État investira à hauteur 175 milliards d'euros pour les trois ans qui viennent, a martelé M. Sarkozy. Face aux craintes exprimées ici ou là que les mesures prises en faveur du crédit ne profitent pas aux entreprises, il a désigné René Ricol, ancien président de la compagnie des commissaires aux comptes, comme médiateur. Et gare aux banques qui ne joueront pas le jeu ! Lors d'une table ronde qui a précédé son discours, Nicolas sarkozy l'a dit de manière très ferme, elles devront en assumer la responsabilité.

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