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Création d'un fonds souverain à la française

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Publié le 05 novembre 2008 à 09:32 - Mis à jour le 05 novembre 2008 à 09:32

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Je ne serai pas le président de la République qui se réveillera dans six mois avec les grands groupes industriels français passés dans d'autres mains. " En annonçant la création avant la fin de l'année d'un " fonds stratégique d'investissement national ", Nicolas Sarkozy a relancé hier le patriotisme économique, si présent en 2005 quand Pepsi menaçait de racheter Danone. Ce fonds, dont le mandat de gestion est confié à la Caisse des dépôts (CDC), investira en fonds propres dans des entreprises de toutes tailles pour soutenir des secteurs stratégiques fragilisés, comme celui de l'aéronautique-défense ou de l'automobile risquant de passer sous bannière étrangère.La menace de rachat est-elle si forte aujourd'hui pour que le gouvernement mette en place un dispositif de défense ? Depuis le début de l'année, la valeur des sociétés françaises a chuté en moyenne de plus de 40 % si l'on se réfère au CAC 40. Mais " rares sont les groupes qui évoquent la menace d'une OPA aujourd'hui. Alstom a certes soutenu cette thèse sur le premier semestre, mais c'était quand il essayait de racheter Areva ", raconte un banquier. " Les groupes qui avaient très peur des hedge funds ou des actionnaires activistes sont rassurés aujourd'hui car ces derniers ont perdu beaucoup d'argent. Les fonds souverains sont rentrés trop tôt dans les sociétés et accusent donc des pertes potentielles qui les fragilisent. Quant aux industriels, ils ne trouveront pas les moyens de se financer. "Il n'empêche ! " Il faut anticiper ", souligne une source proche du gouvernement. Car " quand la situation se présentera, il faudra faire preuve d'une grande réactivité ", ajoute-t-elle.Toute la question est de savoir où trouver l'argent pour abonder ce fonds. Ni son montant, ni sa structure n'ont encore été arrêtés. La structure de financement public-privé France Investissement investira en direct dans ce fonds. Mais l'Elysée, en quête de moyens supplémentaires, renforce surtout sa pression sur la Caisse des dépôts. Après avoir déjà mobilisé 33,5 milliards d'euros pour financer l'économie, l'institution financière va devoir remettre la main à la poche. L'Elysée considère d'une part qu'elle à un bilan suffisamment large pour aller chercher de l'argent sur les marchés. D'autre part, " la Caisse n'a pas d'approche systématique organisée " en matière d'investissement, souligne-t-on à l'Elysée. En d'autres termes, l'institution financière publique " doit faire davantage d'arbitrages " dans son portefeuille de participations afin de confirmer le statut d'investisseur de long terme dont elle se réclame.Les négociations promettent d'être serrées. Si la Caisse a bien l'intention d'abonder pour partie le fonds d'investissement, elle n'a pas l'intention de se défaire de participations aussi stratégiques que la CNP, qui lui apportent des revenus récurrents. Elle rappelle aussi que l'ensemble de ses participations, aussi diverses puissent-elles paraître, ont été décidées en fonction de l'intérêt général, avec l'accord du pouvoir législatif. Une façon de rappeler que l'Elysée n'est pas maître à bord. Elle souligne en revanche que sa participation au budget de l'État pourrait être réaffectée pour partie au nouveau fonds... La Caisse des dépôts verrait aussi d'un bon oeil que les participations minoritaires détenues par l'Agence des participations de l'État soient transférées dans le fonds. Autant de propositions qui promettent de ravir l'État...Des garanties supplémentaires aux assureurs de créditEn complément des mesures prises en faveur du crédit, le chef de l'État a annoncé hier la création d'un poste de " médiateur du crédit " confié à René Ricol, ancien président de la compagnie des commissaires aux comptes. Il sera à la disposition des entreprises françaises qui auront des difficultés pour accéder au crédit. Nicolas Sarkozy a par ailleurs indiqué vouloir " apporter les garanties supplémentaires aux assureurs de crédit pour qu'ils continuent d'apporter aux entreprises les assurances dont elles ont besoin pour obtenir les financements sans lesquels elles ne pourront pas poursuivre leur activité ". Il a donc demandé à la ministre de l'Économie d'engager des discussions avec les assureurs crédit et la Caisse centrale de réassurance. Objectif : voir comment cette dernière pourrait prendre le relais des assureurs crédit, afin d'éviter des retraits brutaux. Enfin, le président réunira la semaine prochaine les préfets et les trésoriers-payeurs généraux pour les mobiliser sur le suivi de l'évolution du crédit et le recensement des situations délicates dans leur département.

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