La Chine veut échapper à la crise en relançant sa croissance intérieure

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Le yuan n'en finit plus de grimper face à l'euro. La devise chinoise s'échangeait hier à 0,114 euro, soit un gain de 21,5 % en deux mois. Alors que débute aujourd'hui le sommet Asie-Europe (Asem), les autorités européennes, qui se plaignaient de la faiblesse du yuan face à l'euro, sont indéniablement ravies : cette révolution va favoriser leurs exportations vers la Chine. Inversement, les exportateurs chinois font grise mine : le coût de leurs exportations vers l'Europe a bondi. Cette nouvelle donne rend plus périlleux le pilotage de l'économie chinoise, Pékin mulipliant désormais les mesures pour stimuler davantage la croissance domestique à l'heure de la crise internationale.Une politique qui contraste avec celle menée depuis deux ans par les autorités centrales, désireuses deredessiner le modèle du développement national. Au cours de cette période, Pékin a ainsi tenté de limiter les exportations réalisées par les petits industriels, jugées peu rentables et sources de méfaits environnementaux et sociaux, de juguler l'explosion des prix de l'immobilier et, enfin, de contrôler les investissements privés et publics.REVIREMENT Depuis cet été, des milliers d'usines ont ainsi fermé leurs portes dans le sud du pays tandis que de nombreux groupes étrangers (Steiff, Canon, Adidas, etc.) ont annoncé le déplacement de tout ou partie de leur production en dehors de la Chine. L'annonce mardi du rétablissement des exemptions de taxes à l'exportation, annulées il y a quelques mois, et l'arrivée imminente de nouvelles mesures démontrent que l'ampleur des dégâts provoqués par la crise est bien supérieure aux attentes du gouvernement. En atteste le ralentissement de la croissance au troisième trimestre (9 %).Le dernier revirement en date du gouvernement pour relancer l'activité concerne le secteur immobilier, avec l'annonce, mercredi, d'une série d'initiatives afin d'encourager la relance des achats. Enfin, les investissements en actifs fixes (réalisés par le gouvernement) et le volume des prêts bancaires (destinés aux investissements privés), en forte baisse depuis de nombreux mois, sont repartis à la hausse lors du troisième trimestre 2008. La preuve que le régime a bien renoncé à sa politique de refroidissement pour favoriser la croissance interne. Pour l'heure, son seul motif de satisfaction concerne la consommation intérieure, en progression : elle comptait en 2007 pour 30 % de la croissance chinoise (contre 38 % pour les investissements publics et 16 % pour les exportations nettes). Elle pourrait servir dans les prochains mois de nouvelle ligne d'horizon pour les dirigeants chinois.Pékin ulcéré par le prix SakharovL'accueil de Pékin au sommet des dirigeants d'Europe et d'Asie (Asem) risque d'être mitigé. Le Parlement européen a décerné hier son prix Sakharov pour la liberté de pensée au dissident chinois Hu Jia, malgré les pressions de la Chine. La tâche sera rude pour Nicolas Sarkozy qui veut convaincre Pékin de participer au sommet du G20 le 15 novembre sur la refondation du capitalisme financier.

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