Un empire étranglé par 6,5 milliards de dette

Arcelor, Vinci, Edison, Eramet, Generali, les banques Intesa Sanpaolo, Mediobanca? La liste des sociétés cotées en Bourse à Paris ou à Milan dans lesquelles le financier franco-polonais Romain Zaleski a, un jour, joué ou joue encore un rôle de premier plan est des plus prestigieuses. Mais avec la dramatique chute des marchés financiers, les actifs de son holding financier, Carlo Tassara, ont aussi vu leur valeur dégringoler. Son portefeuille de participations ne vaudrait plus que 3 milliards d'euros, alors qu'aux beaux jours de la Bourse, il avait pu atteindre quatre fois plus. Or, sa dette vis-à-vis de banques italiennes et étrangères s'élève à 6,5 milliards d'euros. Depuis plusieurs semaines, ses conseils cherchent à trouver une solution pour rembourser 1,5 milliard d'euros que Romain Zaleski doit aux banques étrangères, à savoir BNP Paribas et Royal Bank of Scotland (RBS). Les négociations vont bon train en ce sens avec les cinq principaux créanciers italiens de Carlo Tassara, les banques Intesa Sanpaolo, UniCredit, Monte dei Paschi di Siena (MPS), UBI Banca et Banca Popolare di Milano (BPM), pour qu'ils accordent une nouvelle ligne de crédit. À l'exception d'UniCredit, des établissements financiers dont Romain Zaleski est lui-même actionnaire?L'administrateur délégué d'UniCredit, Alessandro Profumo, à laquelle Zaleski doit 1,8 milliard d'euros, a d'ailleurs souligné la semaine dernière que son exposition envers Tassara n'augmenterait pas. Certaines rumeurs vont même plus loin. Plusieurs créanciers auraient ainsi contraint Romain Zaleski de liquider l'essentiel de ses participations d'ici à douze mois. Mais les banquiers transalpins veulent le faire en bon ordre?: le financier franco-polonais est ainsi le second actionnaire d'Intesa Sanpaolo avec 5,9 % du capital. Et son président, Giovanni Bazoli, verrait d'un mauvais ?il que cette part non négligeable de son capital ne soit plus contrôlée par son ami Romain Zaleski, avec lequel il dirige le holding financier Mittel (contrôlé à 19 % par Tassara). Il en va de même avec ses 2,3 % de l'assureur Generali, ses 2,2 % de Mediobanca et ses 10 % du groupe d'énergie Edison. Si cette dernière participation devait arriver entre les mains d'EDF ou de ses alliés italiens A2A, le contrôle du deuxième électricien pourrait, certes, être remis en question. De quoi mobiliser les différents états-majors, français et milanais.Frank Paul Weber, à Milan Romain Zaleski Financier franco-polo
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