Le CNRS risque de perdre un tiers de ses activités

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Le conseil d'administration du CNRS du 27 novembre s'annonce mouvementé. La plupart des syndicats (FSU, CGT, Unsa, CFDT, Solidaire, Unef) ont appelé à son blocage et déposé un préavis de grève. La pomme de discorde?? La direction de l'organisme publique de recherche doit proposer jeudi sa réorganisation en 9 instituts (contre 40 départements aujourd'hui). Un redécoupage qui s'inscrit dans la réforme de tout le système de recherche français. L'Inserm, vaisseau amiral de la recherche médicale, a déjà subi le même traitement.Les chercheurs du CNRS, attachés à l'interdisciplinarité de l'organisme, craignent que la prochaine étape ne soit un démantèlement. La ministre de la Recherche, Valérie Pécresse, a promis cet été que les disciplines resteraient inchangées au sein du CNRS mais, depuis la rentrée, deux groupes de travail planchent, rue Descartes, sur la stratégie nationale en matière de sciences de la vie et de l'informatique, deux secteurs qui pèsent un bon tiers du CNRS. Or leurs conclusions plaident bien en faveur d'un retrait à terme de ces disciplines du CNRS. Concernant les sciences de la vie, le groupe de travail ministériel, qui doit rendre sa copie cette semaine, va suivre les recommandations du rapport sur l'Inserm rendu public par l'Aeres (Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur) mi-novembre. Il devrait donc préconiser la création d'un institut national unique chargé de financer et de piloter la recherche nationale en sciences de la vie et de la santé. Quant au groupe de réflexion sur les « sciences et technologies du logiciel », ses conclusions, que « La Tribune » s'est procurées, vont dans le même sens. Ce groupe, présidé par Guy Cousineau, le président de l'université Paris Diderot (Paris VII), recommande la « création rapide un Institut national des sciences et technologies de l'information (Insti) chargé de ce champ de la connaissance depuis les recherches fondamentales jusqu'aux applications ». Ce futur institut regrouperait l'Inria (Institut national de recherche en informatique et automatique) et le département informatique du CNRS (ST2I). À l'instar de l'Inserm, le CNRS pourrait faire à son tour l'objet d'un rapport d'évaluation.objectif politiquePour Jean-Louis Soubeyroux, de l'Unsa Sup Recherche, le CNRS va perdre ainsi une partie non négligeable de ses ressources propres (588 millions d'euros en 2008 sur un budget total de 3,3 milliards), les sciences du vivant et l'informatique étant très pourvoyeurs de brevets. « L'objectif politique est bien le démantèlement du CNRS, mais le gouvernement, qui n'a pas les moyens de créer tout de suite des grands instituts, ne sait pas par où passer », réagit Jean-Luc Mazet, secrétaire général du SNCS-FSU. De fait, dans l'entourage de Valérie Pécresse, on convient que si l'objectif ultime est bien la création d'organismes uniques disciplinaires, dans un premier temps, les futurs instituts internes concernés du CNRS devront mettre en place une collaboration resserrée avec l'Inserm et l'Inria via des directions mixtes. L'idée étant que, à terme, les organismes publics de recherche ne soient plus que des « agences de moyens », la recherche opérationnelle étant dévolue aux universités, futur c?ur de gravité du sytème de recherche.588millions d'euros, c'est la somme que le CNRS va perdre en 2008 sur un budget total de 3,3 milliards.

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