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Coupé en deux, le PS n'a toujours pas de chef

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Publié le 05 décembre 2008 à 00:28 - Mis à jour le 05 décembre 2008 à 00:28

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Il croyait avoir vécu le pire le 21 avril 2002 avec l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle. François Hollande s'est trompé. Après onze ans passés rue de Solferino, le premier secrétaire du PS avait vidé son bureau la semaine dernière. Il lui faudra attendre pour remettre les clés à son successeur. Coupé en deux par l'affrontement entre Ségolène Royal et Martine Aubry, le PS a sombré dans une crise profonde, dont l'issue est impossible à cerner, tant la haine entre les deux camps semble avoir atteint un point de non-retour. Depuis l'aube de samedi, où la victoire de la maire de Lille a été annoncée par la direction du parti avec une avance de 42 voix sur l'ex-candidate à la présidentielle, le « chemin des dames » du PS s'est transformé en un enfer d'artillerie lourde. Avec batailles de chiffres et escarmouches judiciaires. Communiqués du camp « royaliste » dénonçant des infractions en Moselle et dans le Nord, contre-attaques « aubrystes » avec des accusations portant sur la Gironde ou la Fédération des Français de l'étranger. Offensives médiatiques aussi, avec cette image d'une Martine Aubry proclamant sa victoire samedi à l'Assemblée, le visage grave, entourée de sa garde rapprochée. Image à laquelle répondait deux heures plus tard celle d'une Ségolène Royal offensive au 20?Heures de TF1. Annonçant une inversion probable des résultats et soulignant qu'il n'était « pas question » pour elle de quitter le PS, dont elle veut faire une machine de guerre pour la présidentielle de 2012. Deux cultures politiques plus que jamais irréconciliables. La nature même du PS, ce parti d'élus, au puissant pouvoir municipal et régional, interdit toute scission. Mais le danger existe et la marge de man?uvre est étroite. Ce matin, la « commission de récolement », tribunal administratif chargé d'enregistrer les contestations survenues après un scrutin auquel ont pris part 137.000 militants, se réunit au PS. Demain soir, le conseil national du parti « validera ou ne validera pas les résultats », a précisé samedi un François Hollande équilibriste. Oui mais voilà. Au sein du conseil national, composé de 306 délégués, les partisans de Ségolène Royal sont minoritaires. Ils ne représentent qu'un tiers de l'assemblée constituée sur la base du résultat du vote militant sur les « motions », le 6 novembre. Face à eux, le « front anti-Royal » des fidèles de Martine Aubry, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, Lionel Jospin, Bertrand Delanoë et Benoît Hamon. Un front qui n'est plus homogène puisqu'une bonne partie des amis de Bertrand Delanoë et de Benoît Hamon ont choisi Royal contre Aubry au second tour.un parti ingouvernableMais ce déséquilibre au sein du « parlement » du parti provoque la colère du camp Royal, qui continue de demander l'organisation d'un nouveau vote, « avec des contrôleurs » indépendants, la constitution d'un « jury de médiation », et menace même de saisir la justice si le scrutin est validé. Dans un parti affaibli et ingouvernable, certains cherchent une troisième voie. Le député du Doubs Pierre Moscovici préconise de mettre en place « une gouvernance collective » du PS, « au moins jusqu'aux élections européennes » de juin prochain. Il lance un appel « aux responsables de motion », auxquels il demande d'agir « sous l'égide du premier secrétaire sortant ». François Hollande, dont nombre d'amis ont voté Royal au second tour, est un arbitre sous surveillance. Côté Royal, on lui reproche son engagement passé aux côtés de Bertrand Delanoë. Côté Aubry figure son ennemi de toujours, Laurent Fabius. Dans une intervention millimétrée, samedi, François Hollande a appelé Ségolène Royal et Martine Aubry à « chercher les voies d'un rassemblement plutôt que figer des positions ». « Il n'y a pas deux partis socialistes, un qui aurait fait 50,01 % et un autre 49,99 %. Il y a un seul Parti socialiste », qui est « la force majeure de l'opposition », a-t-il souligné. Une place que contestent déjà, à droite, le MoDem centriste de François Bayrou et, à gauche, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot. Tandis qu'à l'UMP on se réjouit de « l'implosion » du PS. En espérant sans doute qu'en 2012 François Hollande revive son pire souvenir.

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