Peter Chernin
La Tribune
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Après vingt ans de loyaux services, Peter Chernin, le lieutenant de Rupert Murdoch à la tête du géant des médias News Corp., quittera le navire à l'expiration de son contrat fin juin. À 57 ans, Peter Chernin, entré chez News Corp. en 1989, était devenu PDG du groupe sept ans plus tard. Il en assurait la gestion opérationnelle, présidait notamment le studio de cinéma Twentieth Century Fox et l'activité télévision du groupe (Fox TV, Fox News, chaînes câblées, etc.). Son tandem avec Rupert Murdoch, australien devenu américain, avait assis la position du groupe dans le paysage médiatique des États-Unis : à Murdoch, la vision stratégique, les acquisitions, les « coups » ; à Chernin, le rôle d'ambassadeur du groupe à Wall Street et à Hollywood. Il a notamment été l'un des négociateurs clés dans le conflit qui a opposé l'an passé les studios et les scénaristes. Il a aussi été l'artisan du rachat du site communautaire MySpace et du lancement du service de mise en ligne des films et programmes de Fox, Hulu.com. Il ne sera pas remplacé.Rupert Murdoch, 77 ans, reprendra au quotidien la direction des opérations de Fox. Dans un e-mail aux employés de News Corp, lundi, Rupert Murdoch a indiqué que ce départ serait l'occasion de resserrer les structures de management entre les activités basées à Los Angeles et le reste du groupe.Le départ de Peter Chernin intervient alors que le groupe de médias traverse une passe très difficile : le second trimestre (octobre-décembre) de son exercice 2008-2009? a été l'un des pires de son histoire. News Corp. a publié une énorme perte de 6,4 milliards de dollars, la première depuis trois ans. Il a dû déprécier la valeur de Dow Jones, l'éditeur du « Wall Street Journal », acquis en 2007. RetournementPeter Chernin n'approuvait pas cette acquisition, liée notamment à l'attachement de Rupert Murdoch à la presse écrite, base historique du groupe familial en Australie. Les investisseurs de Wall Street non plus. Le retournement du marché publicitaire pour la presse américaine quelques mois plus tard semble leur avoir donné raison. Il touche aussi les chaînes de télévision du groupe. « Le retournement est le plus sévère et le plus global que nous ayons jamais vu », poursuit Rupert Murdoch dans son e-mail interne.La démission? de Chernin repose aussi la question récurrente de la succession de Rupert Murdoch. Le « mogul » n'a jamais caché que News Corp. resterait une affaire de famille. Son fils James, 36 ans, en charge des opérations du groupe en Europe (BSkyB au Royaume-Uni et Sky Italia) et en Asie, pourrait revenir aux États-Unis. Mais Wall Street le jugerait trop jeune pour le poste de numéro deux de News Corp. Et il n'a pas la crédibilité d'un Chernin à Hollywood. nNews Corp. a publié une énorme perte de 6,4 milliards de dollars.
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